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Affaire Fillon : la presse étrangère évoque « un long et lent poison » et un paysage politique « chaotique »

Affaire Fillon : la presse étrangère évoque « un long et lent poison » et un paysage politique « chaotique »

De nombreux journaux étrangers dressent un portrait sévère du paysage politique français, dénonçant de nombreux scandales de corruption.

 

« Les chances de survie politique de François Fillon ne tiennent qu’à un fil, et si vous voulez savoir pourquoi, vous n’avez qu’à écouter les émissions de débat à la radio française. » Mercredi 1er février, le correspondant à Paris de la BBC, le média audiovisuel public britannique, était obnubilé par la même affaire que ses confrères français. Peu optimiste sur le sort de l’ancien premier ministre, la BBC étudie déjà de potentiels candidats remplaçants pour la droite, citant « François Baroin, Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand ».

Depuis que l’affaire a éclaté, il y a plus d’une semaine, les médias étrangers s’intéressent aux soupçons d’emplois fictifs pesant sur Penelope Fillon, l’épouse de François Fillon, qui a été rémunérée, pendant plusieurs années, comme assistante parlementaire du député et actuel candidat à l’élection présidentielle, puis de son suppléant.

La campagne de Fillon « vacille »

« Même si Fillon prouve que sa femme a effectué le travail pour lequel elle était payée », écrit le quotidien britannique The Guardian, « l’affaire, nommée le Penelopegate, pourrait rester un long et lent poison pour sa campagne ». Pour le journal, l’affaire atteint Fillon d’autant plus fort que « son plan d’austérité pour la France repose sur sa propre réputation de probité ». Le quotidien espagnol El Mundo juge quant à lui en titre que la campagne de François Fillon « vacille ».

De son côté, la radio publique américaine NPR a lié le Penelopegate à une autre affaire, celle des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen. Marine Le Pen, qui devait rembourser au moins 340 000 euros au Parlement européen dans un scandale qui concerne une de ses assistantes parlementaires, « est une concurrente importante dans la course à la présidence ».

Certains médias étrangers en profitent pour dresser un tableau plus général de la politique française. Victoires surprises de François Fillon et de Benoît Hamon aux primaires, abandon du président sortant, et maintenant soupçons d’emplois fictifs…, ils soulignent le caractère imprévisible de l’élection française.

« Le schéma électoral en France, alors que le premier tour de l’élection, prévu le 23 avril, n’est que dans onze semaines, peut-être décrit comme se situant quelque part entre le chaotique et l’aléatoire », juge le Pittsburgh Post-Gazette, un quotidien local de Pennsylvanie.

« La France défie les Etats-Unis au jeu de la semaine politique la plus chaotique », s’est amusé mercredi 1er février le New York Magazine.

« Un univers moral parallèle »

Plus dur, un journaliste du quotidien allemand Der Spiegel estime que depuis Charles de Gaulle, « l’histoire de la VRépublique a été accompagnée par la corruption ». Il n’est pas le seul. Le Guardian lui-même tance le monde politique français :

« Pendant des décennies, la politique française a ressemblé à un univers moral parallèle, où les responsables politiques enchaînaient mandats et réélections, sans être gênés dans les urnes par des enquêtes judiciaires en cours. »

Dans le magazine Foreign Policy, un historien va plus loin et se demande pourquoi la France « est aussi corrompue », critiquant « le refus des gouvernements successifs de s’occuper des problèmes de corruption ». « Avec le Penelopegate, c’est une longue tradition française qui semble se poursuivre », estime Robert Zaretsky, professeur d’histoire à l’université de Houston.

« La France n’est pas un pays particulièrement corrompu, d’un point de vue mondial, mais en Occident elle est une sorte d’exception. (…) Ce n’est bien sûr pas la Somalie ou la Syrie. Mais ce n’est pas non plus le Danemark, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou les Etats-Unis. (…) La corruption française (…) ne se présente pas sous la forme de policiers demandant des pots-de-vin ou d’entreprises achetant des bureaucrates. (…) Elle concerne des sommes élevées et se pratique aux plus hauts niveaux de l’Etat. »

 

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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