Le syndicat CGT veut en finir avec les méthodes plus que douteuses de l’entreprise de livraison DPD à l'égard de ses salariés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 2014, une vingtaine de ruptures conventionnelles, 19 accidents du travail, 87 licenciements et 39 démissions ont été répertoriés dans l’entreprise de livraison de colis DPD, filiale de La Poste, sur un total de 1 500 salariés. Ces statistiques impressionnantes sont pour la CGT révélatrices de « la politique de terreur » menée par l’entreprise.

Le site DPD de Mauguio, dans l’Hérault, est particulièrement représentatif des méthodes appliquées par la filiale du groupe postier. Sur place, le personnel a été diminué de moitié, obligeant les employés restants à livrer jusqu’à 200 colis par jour malgré du matériel en très mauvais état. Une cadence infernale qui a eu raison de Tony Fougère, chauffeur-livreur, gravement blessé au dos en janvier 2015. L’homme a confié au micro de France Bleu Hérault que DPD a refusé de le déclarer en accident du travail « avant que le médecin du travail intervienne ». Ce délégué du personnel, qui affirme également ne « pas avoir été rémunéré du 28 janvier au 4 mai 2015 » est aujourd’hui en passe d’être licencié.

L’affaire de trop

Autre fait marquant, le licenciement immédiat en décembre 2016 d’un chauffeur-livreur pour… trois minutes de retard dans la livraison d’un colis. L’affaire de trop pour la CGT, qui a décidé depuis fin janvier d’alerter l’opinion publique sur les pratiques managériales de DPD et la dégradation des conditions de travail des employés. Par-delà les procédures engagées aux prud’hommes, le syndicat prévoit dans les semaines à venir une série d’actions sur le site de Mauguio.