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Quand Carlos Ghosn manœuvre pour ne pas se retrouver au cœur de la campagne présidentielle

Quand Carlos Ghosn manœuvre pour ne pas se retrouver au cœur de la campagne présidentielle

 

Le PDG de Renault a fait repousser l'assemblée générale des actionnaires, qui doit se prononcer sur sa rémunération, au mois de juin pour éviter que les polémiques autour de ses émoluments ne deviennent un sujet de débat électoral.
Au pays du CAC40, celui qui fait la pluie et le beau temps se nomme Carlos Ghosn. Il semblerait désormais qu'il maîtrise en plus le déplacement des saisons. Alors que la traditionnelle assemblée génrale des actionnaires de Renault devait se tenir, comme habituellement, au mois d'avril, le conseil du groupe du constructeur automobile a décidé de la reporter au mois de juin. Une subtilité calendaire loin d'être innocente, comme le soulève les Echos, qui rapportent que le grand patron souhaiterait éviter que la question de sa rémunération astronomique ne se retrouve au cœur des débats électoraux.
 
En effet, l'an dernier, l'AG des actionnaires de la marque au losange avait été le théâtre d'un fait rarissime dans le monde feutré de la finance : le salaire de Carlos Ghosn avait été désapprouvé par une majorité (54%) des actionnaires, dont l'Etat, qui contrôle près de 20% du constructeur. Ce qui n'avait pas empêché l'exécutif du groupe automobile de passer outre ce vote défavorable pour verser à son PDG les 7,2 millions d'euros prévus.
 
La valse des millions
Une somme qui devrait logiquement être revue à la hausse pour 2017. « Comme sa rémunération est en partie assise sur le taux de marge opérationnelle et que celui-ci a augmenté, il est assuré de voir son salaire augmenter », commente Fabien Gâche, coordinateur CGT chez Renault. Carlos Ghosn lui-même s'attend à ce que ses émoluments fassent une fois de plus grincer des dents : « Je ne pense pas qu'il y ait la moindre chance que [le gouvernement] approuve » le futur package, avait d'ailleurs indiqué le dirigeant à l'agence Reuters, en novembre 2016.
 
D'autant que le patron de Renault cumule cette rémunération avec celle qu'il touche au titre de PDG du constructeur Nissan (9 millions d'euros en 2016), intégré dans une alliance avec la marque au losange. Désormais également président du conseil d'administration de Mistubishi, le golden boy de l'automobile a d'ailleurs fait relever le plafond des rémunérations à la performance de l'ensemble des administrateurs pour une enveloppe globale équivalant à 17 millions d'euros pour l'année 2016.
 
Diète pour les salariés
Des chiffres qui donnent le tournis quand on sait qu'en parallèle, les salariés de Renault sont soumis à la diète depuis l'accord de compétitivité de 2013, entérinant ce que la direction appelle pudiquement une « modération salariale ». « Les deux premiers coefficients de la grille salariale sont passés au-dessous du Smic et il y a eu un tassement général, y compris pour les techniciens et les cadres », affirme Fabien Gâche. Alors que les organisations syndicales sont en pleines négociations salariales (NAO), le responsable CGT dénonce une opération de diversion de la direction qui consiste « à ne plus parler que de la prime d'intéressement, et dans une moindre mesure d'augmentations individuelles, mais plus du tout d'augmentations générales de salaire ». Si, en comparaison, les rémunérations mirobolantes de Carlos Ghosn ont de quoi choquer, le syndicaliste regrette que « ni Macron, ni Fillon, ni le PS, ni aucun représentant de l'Etat ne soit monté au créneau sur cette question ». Mais pour lui, la question fondamentale reste « celle de la gouvernance : qui décide de la stratégie de l'entreprise et avec quelle finalité : le taux de marge ou le bien commun ? ».

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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