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Une leçon d’hospitalité

Une leçon d’hospitalité

Cinéma

En 1998, lorsque 200 réfugiés kurdes en perdition débarquent sur la côte calabraise, les habitants de Riace y voient une chance de renaissance pour leur village à l’abandon. Réalisé par Shu Aiello et Catherine Catella « Un paese di Calabria » témoigne d’une humanité solidaire et accueillante.

 

La Calabre, région pauvre du sud de l’Italie (la pointe de la « botte ») fut toujours une terre d’émigration. Gangrenée par la ndrangheta (la mafia locale), elle fait partie de cette zone largement stigmatisée par un parti comme la Ligue du nord et ses habitants la désertent, faute d’avenir. Avec un chômage devenu chronique, de nombreux villages sont quasiment inhabités, laissés à l’abandon, à cause d’une émigration massive de la population vers le Nord, à la recherche d'un emploi.

Mais, à la fin des années 1990, Riace, village de 350 habitants, âgés pour la plupart, va saisir l’opportunité d’inverser son destin de futur village fantôme. C'est l’arrivée d’un bateau de 200 réfugiés kurdes en juillet 1998 sur les plages voisines du village qui change tout. Car celui qui allait devenir le maire de Riace, Domenico Lucano, ne vit pas dans cette arrivée une menace et encore moins une invasion, mais bien une opportunité de développement et de rajeunissement du village.

 

C’est ce formidable exemple d’hospitalité et de solidarité qu’illustre Un paese di Calabria, réalisé par Shu Aiello et Catherine Catella, qui adopte le regard du documentariste pour nous faire découvrir cette formidable aventure humaine. Tout débute par un reportage diffusé en 2006 dans l’excellente émission de radio de Daniel Mermet, « Là-bas si j’y suis ». Les deux réalisatrices aux racines italiennes y voient immédiatement une expérience à valoriser, pas forcément simple, car la ndrangheta ne voit pas d’un bon œil s’assécher le réservoir de main-d’œuvre migrante sans papiers ni droits qu’elle emploie dans des conditions proches de l’esclavage sur les grandes exploitations maraîchères. Elle n’hésite pas à tenter d’intimider cette communauté arc-en-ciel qui a bien compris que sa diversité culturelle, sociale et religieuse était une force et un exemple.

À Riace, alors que les maisons tombaient en ruines, que les terres agricoles n’étaient plus cultivées, que les commerces et l’école étaient fermés, l’apport d’une population jeune et en quête d’une vie à reconstruire fut accueillie avec bienveillance et hospitalité. Ici, en effet, tous les habitants ont des proches dans une autre région, un autre pays, voire un autre continent, et savent ce que signifie être émigré.

Ensemble, nouveaux arrivants et habitants du village commencent à retaper des maisons pour y loger les réfugiés, mais aussi des touristes. Un projet de développement appelé Città Futura voit le jour qui unit les forces nouvelles aux besoins des habitants âgés du village et va bientôt faire renaître artisanat, école, commerces et accueil touristique. Élu maire, Domenico Lucano inscrit Riace au « Programme national d’accueil » qui permet à la commune de bénéficier d’une petite allocation pour les réfugiés – aide bien moindre que ce que coûte une personne placée en centre de rétention, dont l’utilité sociale et l’avenir sont nuls… Aujourd’hui, Città Futura gère l’accueil de 400 réfugiés de 22 nationalités.

Dans l’attente de leurs papiers, les migrants doivent s’inscrire dans un projet de formation professionnelle et d’apprentissage de l’italien pendant deux ans. Beaucoup partiront vers d’autres régions d’Italie, certains resteront à Riace où ils ont noué des liens.

À travers Riace, ce sont tous les clichés sur les personnes en quête d’un refuge pour reconstruire leur vie qui sont démolis, ce qui fait un bien fou !

L’initiative réussie de Riace avait déjà inspiré en 2010 Il Volo un court-métrage de fiction en 3D signé Wim Wenders.

 

Bande annonce Un paese di Calabria

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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