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Dur, dur d’être à la CGT

TRAVAIL

Dur, dur d’être à la CGT

J e me bats contre les injustices, pas pour le plaisir. » Alice G., 44 ans, vient de devenir représentante syndicale CGT dans l’entreprise Ondulys, spécialisée dans la fabrication de carton avec ses 170 salariés à Rouvroy. Depuis sa nomination, elle enchaîne les épreuves - de l’intimidation physique (avec dépôt de main courante au commissariat) à la convocation au tribunal - dans le but de se faire retirer le mandat. «  Il faut passer par quelques épreuves... C’est assez costaud, mais un syndicat, ça se monte, ne se décourage pas la quadra. Il faut être déterminée et soutenue. »

Alice G. entre à Ondulys en 2014. D’abord intérimaire, puis en CDI. «  J’ai eu de la chance et j’avais les compétences. » Elle travaille depuis 26 ans, la société de Rouvroy est son septième employeur. «  Dans les autres entreprises où j’ai travaillé, je luttais, je pointais les dysfonctionnements, comme une salariée lambda, se souvient-elle. Mais quand on est seule, on s’essouffle vite. » Elle ne s’engage pas syndicalement.

« J’aime mon travail, j’aime mon entreprise.

Il faut savoir faire

la part des choses. »

Alice G., représentante de la CGT

En 2016, la salariée fait savoir que les salaires sont bas. Sa demande d’augmentation n’est pas bien accueillie par la direction. En début et fin d’année, deux temps crispent la direction.

C’est en janvier 2017 que la Saint-Quentinoise décide de s’engager. «  Le 25 janvier, nous apprenons de façon plus ou moins officieuse que nos compteurs sont mis à zéro par l’employeur. » Autrement dit, il n’y aura pas de compensation financière à la surcharge d’activité pour les salariés. «  C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  » La salariée demande à consulter l’accord des 35 heures de l’entreprise. La direction n’accède pas à sa requête. Parallèlement, elle se fait nommer représentante CGT. «  Je demande le remboursement des heures supprimées et le paiement des heures supplémentaires. » Devenue syndicaliste, Alice G. fait valoir ses droits : avoir accès à l’accord des 35 heures et disposer d’un panneau d’affichage. «  J’ai été convoquée pour une sanction : j’ai eu un avertissement pour erreur de saisie sur une commande. C’est une erreur qui arrive. Il y en a eu des bien plus grosses mais il n’y a jamais eu de sanction des salariés. » Elle conteste son avertissement.

Bataille pour le paiement des heures supplémentaires

L’épisode suivant se joue au tribunal d’instance. L’employeur veut faire annuler le mandat syndical. «  Si je perds mon mandat, je joue mon boulot aussi, souffle Alice G. Mon boulot me plaît, je n’ai jamais eu l’intention de partir. J’aime mon travail, j’aime mon entreprise. Il faut savoir faire la part des choses.  » En attendant le délibéré, l’ambiance au sein de l’entreprise se dégrade. Après le premier tract syndical, un délégué d’un autre syndicat fait une tentative d’intimidation à la sortie d’Ondulys. Une main courante est alors déposée au commissariat. Après une semaine de vacances, la salariée retrouve une partie des tracts chiffonnés sur son bureau. «  Il y a eu une vraie chasse aux autres salariés syndiqués CGT qui restent anonymes. » Car si Alice G. a pu garder son mandat, elle n’est pas la seule dans l’entreprise.

Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Notre interlocutrice nous fait savoir que le directeur «  ne voudra pas répondre à (nos) questions. » Le représentant de l’autre syndicat dans l’entreprise n’a pas donné suite non plus.

Depuis ? Le tribunal a donc confirmé le mandat syndical. Alice G. a reçu un deuxième avertissement. Et le panneau d’affichage ne lui a toujours pas été octroyé.

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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