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François Fillon mis en examen pour abus de biens sociaux

François Fillon mis en examen pour abus de biens sociaux

Si François Fillon maintient vraiment sa candidature, c’est sous le costume de « mis en examen » qu’il incarnera la droite au premier tour de la présidentielle le 23 avril prochain. 

Troisième dans les sondages, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron, François Fillon (20% d’intention de vote) doit désormais assumer d’être mis en examen.

Il avait annoncé lui-même une convocation chez le juge le 15 mars, le calendrier s’est accéléré. Le candidat de la droite à l’élection présidentielle est inculpé suite à une enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de son épouse et ses enfants comme assistants parlementaires. Les faits sont désormais qualifiés : détournement de fonds publics et recel d'abus de biens sociaux.

Ce mardi 14 mars a mal commencé pour la famille Fillon. Dans son édition du jour, Le Parisien relate en effet "les dernières découvertes des enquêteurs" : les deux enfants de François Fillon, qu'il a employés comme assistants parlementaires de 2005 à 2007 lorsqu'il était sénateur, ont rétrocédé une partie de leurs salaires. Ainsi, sur les 46.000 euros net touchés par sa fille Marie, d'octobre 2005 à décembre 2006, environ 33.000 seraient repartis sur le compte joint des parents.

Interrogé par l'AFP, l'avocat de Marie Fillon, Me Kiril Bougartchev, a confirmé ces chiffres, indiquant que la fille du candidat de la droite à la présidentielle avait souhaité "payer son mariage, mi-2006" et que pour cela "elle a remboursé ses parents" qui avaient avancé les sommes.

"Elle fait ce qu'elle veut de l'argent qu'elle gagne ! Si elle veut rembourser ses parents, c'est son choix. Elle l'a dit spontanément aux enquêteurs" qui l'ont entendue le 9 février, a-t-il affirmé. Selon lui, le couple Fillon a pu retrouver, "dix ans après", 14 factures de ce mariage pour une somme de 44.000 euros.

Ces nouveaux détails ont un peu plus encore fragilisé le candidat, qui a présenté une nouvelle fois son programme hier, en profitant pour rappeler qu'il maintiendrait sa candidature même en cas de mise en examen.

Des études et un mariage payés avec de l’argent public, voilà de quoi exaspérer un peu plus l’opinion. Une histoire qui s’ajoute cette semaine à l’affaire des costumes de luxe. Le JDD affirmant qu'un mécène a signé le 20 février, soit près d'un mois après les premières révélations du Canard Enchaîné, un chèque de 13.000 euros pour deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien. "J'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami", avait alors rétorqué le candidat Fillon, assurant aussi que "tout ça n'a rien à voir" avec la politique. Le déontologue de l'Assemblée, Ferdinand Mélin-Soucramanien, indiquait lundi à s'être saisi de la question pour rechercher s'il y a eu un manquement ou pas au code de déontologie des députés. Mais selon le JDD s'ajoutent à cette facture près de 35.500 euros "réglés en liquide" pour de précédents achats chez ce tailleur, pour près de 48.500 euros au total depuis 2012, ce que dément l'ancien Premier ministre.

En mettant en examen le candidat Les Républicains pour l’ensemble des faits dont ils ont été saisis, les trois juges d'instruction Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau ouvrent  un nouveau chapitre d’une histoire débutée le 25 janvier.

Chronologie des faits 

25 janvier 2017

Le Canard enchaîné révèle que Penelope Fillon a été rémunérée, entre 1998 et 2007, comme attachée parlementaire de son mari et de son suppléant Marc Joulaud, sur l'enveloppe réservée à cet effet pour les parlementaires. Soit 500.000 euros brut.

De mai 2012 à décembre 2013, elle aurait par ailleurs reçu 5.000 euros brut par mois de la Revue des deux mondes, dirigée par un ami de son mari, Marc Ladreit de Lacharrière, pour un travail dont la réalité est mise en doute.

Le parquet national financier ouvre aussitôt une enquête préliminaire pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits".

Le soir même, le candidat de la droite à la présidentielle réagit: "La séquence des boules puantes est ouverte".

26 janvier 2017

Au 20h de TF1, François Fillon assure qu'"il n'y pas le moindre doute" sur l'emploi "légal" et "réel" de sa femme comme collaboratrice. Il annonce avoir également rémunéré ses enfants pour des missions ponctuelles et ajoute qu'il se retirera seulement s'il est mis en examen.

30 janvier 2017

François Fillon, son épouse et Marc Ladreit de Lacharrière sont entendus par la police, qui s'est déjà rendue le 28 à l'Assemblée nationale et à la Revue des deux mondes pour y chercher des documents.

1er février 2017

Le Canard enchaîné affirme que Mme Fillon a touché au total plus de 900.000 euros brut. Soit 831.440 euros brut comme assistante parlementaire pour les périodes 1988-1990, 1998-2002, 2002-2007 et 2012-2013. Ainsi que 100.000 euros à la Revue des deux mondes. Les deux enfants rémunérés auraient perçu 84.000 euros brut en 2005-2007.

2 février 2017

L'émission "Envoyé spécial" (France 2) diffuse des extraits d'un entretien accordé en mai 2007 par Penelope Fillon au Daily Telegraph, dans lequel elle déclare n'avoir "jamais été l'assistante" ni s'"occuper de la communication" de son mari.

6 février 2017

 François Fillon présente ses "excuses" aux Français pour avoir fait travailler des membres de sa famille mais souligne qu'il n'y a pas de "plan B" à sa candidature.

9 février 2017

La défense de François Fillon tente en vain de demander au Parquet national financier de se dessaisir de l’enquête.

16 février 2017

 François Fillon affirme qu'il ne renoncera pas à sa candidature même en cas de mise en examen. Il réagit ainsi à une déclaration du Parquet financier, qui au vu du rapport des enquêteurs, a indiqué qu'il n'envisageait pas "en l'état" de classement sans suite.

24 février 2017

 Le Parquet national financier ouvre une information judiciaire pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d'influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique".

1er mars 2017

François Fillon annonce le 1er mars qu'il sera convoqué "le 15 mars par les juges d'instruction afin d'être mis en examen" et qu'il se rendra à cette convocation, sans pour autant renoncer à sa candidature. "Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas", déclare-t-il à la presse, en dénonçant une procédure judiciaire "menée à charge".

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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