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Les Ourry en grève

Les Ourry en grève

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En grève depuis le 6 mars, les agents de collecte des déchets d'Ourry, à Noisy-le-Sec (93), se disent déterminés à poursuivre la grève, jusqu'à la satisfaction totale de leurs revendications.

« Cette fois-ci, c'est un bras de fer que nous engageons avec la direction, parce que trop, c'est trop », lâche, exaspéré, Abdelali Essadek, le secrétaire du CHSCT d'Ourry, élu CGT, ce vendredi 10 mars sur le piquet de grève du site de Noisy-le-Sec.

Ce qui a mis le feu aux poudres ? L'annonce de seulement 0,5 % d'augmentation générale des salaires consentie par la direction d'Ourry. Des « miettes », pour ces salariés dont le revenu mensuel plafonne au niveau du Smic, indépendamment de l'ancienneté. Les agents, eux, réclament un minimum de 3 %, la garantie du maintien de leur prime d'ancienneté – de l'ordre de 0,3 % – sans cesse menacée de suppression; ainsi que l'évolution des coefficients d'ancienneté, gelés depuis dix ans: « Je suis à 114 alors que je devrais être au minimum à 120 après douze ans d'ancienneté », explique Pascal. À quoi s'ajoutent diverses autres réclamations, la prime de participation aux bénéfices de l'entreprise, par exemple, jamais versée, ou encore, la mise en conformité des bulletins de paie, etc.

Ourry, c'est pourri!

La question des salaires pourrait pourtant paraître une revendication moindre au regard des autres. En particulier la vétusté de la flotte de camions – tous rouillés, endommagés et rafistolés au scotch ou au sac poubelle en guise de cordon. Ou encore, les revendications relatives aux conditions d'hygiène et de sécurité, du site et des agents : doigts ou mains arrachés à cause d'une pelle mécanique défectueuse ; hernie discale due à un cric placé sous le siège du camion pour le stabiliser ; fracture crânienne suite à l'effondrement d'une bavette arrière du camion sur la tête d'un agent ; épaule et autres articulations déboîtées... « Ils nous traitent comme des déchets », dénonce froidement Redoine. À tout cela s'ajoutent aussi le manque chronique d'équipements de protection. « On manque de gants et, malgré nos réclamations, nous n'avons toujours pas de masques de protection contre les poussières de verre », indique Pascal. Côté dispositifs d'hygiène, c'est l'indigence : un seul WC dans un préfabriqué de fortune pour une cinquantaine de salariés, une seule douche rongée par les moisissures, impraticable! À porter au compte de cette grève aussi, les brimades récurrentes et harceleuses du chef d'établissement pour contraindre les agents à effectuer des tâches ne relevant pas de leur mission : « Il n'y a pas de personnel pour le ménage, c'est à nous de le faire et si on s'y refuse, c'est la porte. » Bref, autant de dysfonctionnements maintes fois pointés et dénoncés par le CHSCT, en vain jusqu'ici.

Emboutir les grévistes

La tension qui règne sur le site de Noisy-le-Sec est bien palpable. Au point que, sur ordre du directeur d'exploitation, un chauffeur de camion a foncé, mardi, sur des grévistes qui bloquaient l'accès au site. Au dire des témoins de cet « accident », cette pratique consistant à emboutir les « récalcitrants » ne serait pas nouvelle. Malgré la plainte déposée par la victime pour tentative de meurtre, la direction d'Ourry rechigne toujours à passer à la table des négociations. Au cinquième jour de grève, et suite à des heures de dialogue avec le délégué syndical CGT d'Ourry et le secrétaire de l'union locale CGT de Noisy-le-Sec, elle consentait à réévaluer son offre d'augmentation des salaires, pour la passer de 0,5 à 0,6 %. S'agissant des revendications d'hygiène et de mise aux normes des camions et du site, en revanche, aucune proposition sérieuse n'a encore émané de la direction d'Ourry. Résultat ? Le taux de grévistes, initialement de 80 %, est passé à 100 % vendredi 10 mars.

Est Ensemble alertée

De l'avis de Nicolas Renard, secrétaire de l'UL CGT de Noisy-le-Sec, ce mouvement de grève pourrait perdurer, voire s'enkyster, d'autant plus que d'autres sites, celui de Courbevoie (Hauts de Seine) et celui de Meaux (Seine-et-Marne) sont entrés en grève dans la foulée, pour les mêmes raisons qu'à Noisy-le-Sec. Dans un souci de résolution positive de ce conflit, le secrétaire général de la CGT de Seine-Saint-Denis, Hervé Ossant, a alerté, le 8 mars, le donneur d'ordres, à savoir la communauté d'agglomération Est Ensemble ( qui a délégué la collecte des déchets à l’entreprise Ourry), « pour qu'elle prenne toutes ses responsabilités et pour que cette délégation de service public ne se fasse pas au détriment des conditions de travail des salariés ».

Bien campée dans sa position à la fois défensive et offensive, le PDG d'Ourry assurait la presse (Le Parisien du 10 mars) de la « gestion familiale » de son entreprise. En précisant que « si cette grève devait être illimitée, je risque de déposer le bilan »

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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