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« Pas une charge, une chance ! »

Retraités

Le 30 mars, à l'appel de neuf organisations syndicales dont l'UCR-CGt, les retraités se mobilisent dans toute la France. Une manière de rappeler aux candidats à la Présidence que les retraités ne sont pas une charge mais une chance pour la société. Nous republions pour l'occasion, l'entretien de François Thiery-Cherrier, secrétaire général de l'UCR sur le rôle et la place des retraités à la CGT et dans la société.

« Pas une charge, une chance ! »
 
 

NVO : En revendiquant revalorisation des pensions et reconnaissance sociale des retraités dans la société, le prochain congrès de l’UCR va coupler enjeux économiques et questions sociétales. N’avez-vous pas peur de brouiller les cartes ?

François Thiéry-Cherrier : S’intéresser aux questions de société est fondamental. Actuellement, les retraités sont près de 16 millions en France. Ce n'est donc pas une catégorie marginale. À la CGT, nous sommes persuadés que c'est une force sociale importante. Mais, depuis deux décennies au moins, les différents gouvernements n'ont eu de cesse non seulement de baisser notre pouvoir d'achat de 20 % mais aussi de nous présenter comme des « privilégiés ». Les retraités seraient « une charge » pour la collectivité. Quelle honte de présenter ainsi des femmes et des hommes qui, par leur travail, ont contribué à la production des richesses de notre pays ! Tout un chacun peut constater que, quand leur situation physique et économique le leur permet, les retraités aident considérablement leurs proches : qu'il s'agisse de s'occuper de parents du quatrième âge ou d'aider matériellement leurs enfants, jeunes actifs qui connaissent souvent précarité ou perte d'emploi. Enfin, dans toute la société, les retraités assurent 40 % de l'aide à autrui en s'engageant dans des activités bénévoles. Les retraités ne sont pas un poids pour la société, ils sont un atout, une chance et une richesse.

Le syndicalisme est perçu comme l’organisation collective des salariés. Être retraité et syndiqué n’est-ce pas contradictoire ?

C'est vrai que, dans la tête des gens, le syndicat est lié au monde du travail. Le retraité qui ne veut plus entendre parler de son ancienne boîte coupe les ponts avec tout ce qui faisait sa vie active, et même avec le syndicalisme. Au passage à la retraite, seuls trois syndiqués CGT sur dix conservent une adhésion. Il faut s'interroger sur les raisons de ce désengagement et faire en sorte de le juguler. Toutes ces thématiques vont irriguer notre prochain congrès. Nous nous interrogerons sur la qualité de la vie syndicale des organisations et la nécessité de renforcer cette vie syndicale. En ce sens, le 11e congrès qui aura lieu à Bordeaux s'inscrit dans la continuité des derniers congrès de l'UCR. L'année dernière, le congrès de la confédération à Marseille en avril 2016 a pris une résolution sur la place du syndicalisme retraité que nous portions depuis longtemps : le droit pour les retraités de compter pour une voix à part entière, c'est-à-dire d’être considérés égaux, pas seulement en devoir mais aussi en droit. Cette résolution, qui a modifié les statuts de notre confédération, est une avancée considérable.

Cette avancée est elle en mesure de permettre une meilleure syndicalisation ?

Je l'espère. Ce qui est sûr c'est que lorsque les retraités comptaient pour une demi-voix comme précédemment, cela ne favorisait pas l'engagement. La résolution du congrès de Marseille va nous aider à travailler la continuité syndicale. Cela va nous aider aussi à poursuivre nos actions dans le cadre de la convergence des luttes entre générations. Comme je l'ai dit, nous sommes une force sociale. Le prochain congrès de l'UCR va poursuivre sa démarche : montrer l’utilité du syndicalisme CGT en direction de tous les retraités, qu’ils aient ou non été syndiqués dans leur vie professionnelle. Il permettra aussi de reconnaître la place et le rôle irremplaçables des retraités dans la cohésion de toute la société française. Entre retraités et actifs, il n'y a pas concurrence mais complémentarité. C'est d'autant plus vrai que les politiques d'austérité ne nous oublient pas quand nous quittons nos fonctions.

Quelles autres propositions portez-vous pour relancer la vie syndicale ?

Nous militons pour un véritable statut social du retraité pour qu'on cesse enfin de parler de personne âgée, qui renvoie à un statut biologique comme cela a été dit lors du colloque au Cese en janvier dernier. À l’instar de ce qui se passe pour le statut étudiant, les salariés doivent pouvoir bénéficier de droits spéciaux pour tous. Car, il y a ceux – archi-minoritaires – qui ont des droits liés à l’entreprise (CE, vacances, transports à tarif réduit…) et tous les autres, pour lesquels la retraite est un droit, mais qui n'ouvre aucun droit spécifique. Par exemple, on parle de « droit à la formation tout au long de la vie ». La vie active ou la vie tout court ? Est-ce qu’on ne pourrait imaginer l’accès, pour les retraités, à la formation à l’informatique ?

Par ailleurs, nous souhaitons aussi redonner vie à la carte permanente, que le syndiqué conserverait toute sa vie. C'est Bernard Thibault qui avait souhaité sa mise en place. Pour que l'appartenance à la CGT demeure, quels que soient les changements professionnels – une mutation, un changement d'activité ou de secteur géographique, un licenciement, etc. Pour les retraités qui n'ont plus de liens fédéraux mais souhaitent rester adhérents de la CGT, une carte permanente simplifierait leurs relations avec le syndicat.

 

Quelques chiffres sur l’UCR :

L’UCR c’est 100 000 adhérents CGT. L’UCR regroupe 95 unions syndicales de retraités (USR) et 32 unions fédérales de retraités (UFR).

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