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Syndicat CGT AUTO INERGY DIVISION Groupe Plastic Omnium

Un programme antisocial

Extrême droite

La candidate du FN, qui prétend à une rupture radicale avec un système dont elle tire pourtant grand profit, défend un programme nationaliste, de division, et dont le social apparaît comme un leurre dangereux.

Un programme antisocial
 
 

Chassez le naturel, il revient au galop. Si François Fillon se pose en victime de complot politique médiatico-judiciaire. Marine Le Pen, elle, va plus loin encore… Refusant de se rendre à une convocation de la police, elle va jusqu’à proférer des menaces à peine voilées contre les fonctionnaires. « Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité », a-t-elle ainsi affirmé, ajoutant même : « L’État que nous voulons sera patriote. » Une façon de faire fi du statut de la fonction publique, lequel suppose indépendance, responsabilité, égalité, et donc neutralité et impartialité, en protégeant les agents de toute pression. À l’instar des syndicats de magistrats, les syndicats de police eux-mêmes n’ont donc guère apprécié les propos de la dirigeante du FN qui, pourtant, cherche à les séduire.

Car Marine Le Pen est, elle aussi, confrontée à la suspicion de détournement de fonds publics. Une enquête est en cours pour détournement de l’argent des contribuables européen ; le FN est aussi soupçonné de financement frauduleux de ses campagnes électorales depuis l’arrivée à sa tête de Marine Le Pen ; et celle-ci est soupçonnée, ainsi que son père, d’avoir minoré l’évaluation de son patrimoine. Pour une candidate qui se présente comme l’incarnation de l’anti-système de la voix du peuple contre les élites prédatrices et les « tous pourris », cela commence à faire beaucoup.

Nationalisme et divisions

La cheffe du FN demeure cependant dans le peloton de tête des candidats à la présidentielle, en prétendant défendre un programme de rupture radicale avec les politiques actuelles.

De fait, le monde du travail n’en peut plus des politiques d’austérité et de dumping social mondialisé qui précarisent, déclassent, appauvrissent, accroissent les inégalités, tandis que les gouvernements successifs ne cessent de reprendre le refrain du Medef selon lequel il n’y aurait pas d’alternative. Ni à la « baisse du coût du travail », ni à la remise en cause des droits sociaux, ni à l’effritement des systèmes de protection sociale ou des services publics.

C’est d’abord avec l’Europe que veut rompre la candidate du Front national, via un référendum. Nul besoin, dès lors, de proposer des politiques européennes alternatives, d’ouvrir les chantiers des travailleurs détachés, des salaires, de l’harmonisation fiscale et écologique, des investissements, de la répartition des aides (par exemple, pour l’agriculture). Sortir de l’Union européenne et de l’euro : une solution ? En fait, cela générerait une hausse des taux d’intérêt et, donc, des prêts des investisseurs, cela pèserait sur la dette publique comme sur les acteurs économiques privés, freinant l’économie. Une dévaluation monétaire, elle, ne doperait les exportations que si ne s’y exercent pas des mesures de rétorsion. Quant à la hausse des taxes à l’importation (pétrole, etc.), cela amputerait le pouvoir d’achat des plus précaires.

Ce projet nationaliste passe aussi par une hausse du budget de la défense à 2 % du PIB, jusqu’à 3 % en 2022. En fait, nationalisme se marie avec xénophobie. Marine Le Pen fait des travailleurs immigrés – en ciblant l’islam – les boucs émissaires des maux de la société. C’est le pivot de son programme. Elle affiche, par exemple, l’idée d’une taxe contre l’emploi de travailleurs migrants : plus facile que d’enrayer l’évasion fiscale ou de taxer le capital…

Au service des riches

Du reste, son programme dit social fonctionne comme le paravent de mesures en réalité antisociales. La candidate FN dit vouloir supprimer la loi El Khomri, mais pour autoriser les branches professionnelles à dépasser les 35 heures légales et en rétablissant la défiscalisation des heures supplémentaires chères à Sarkozy. Elle évoque la retraite à 60 ans, mais pas les recettes nécessaires. Le Smic ? L’augmenter entraînerait « une charge supplémentaire pour les entreprises qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays ». La fiscalité ? Marine Le Pen entend « baisser de 10 % l’impôt sur le revenu sur les trois premières tranches » mais, surtout, permettre aux détenteurs de patrimoine et de capitaux de les transmettre plus facilement (100 000 euros tous les cinq ans à ses enfants ; 50 000 à ses petits-enfants), tout en abaissant les « charges » des entreprises. L’école ? Elle prône la fin du collège unique. Et tout est à l’avenant…

On comprend mieux son acharnement antisyndical. Porteur d’une réelle alternative aux politiques actuelles, le syndicalisme, et en particulier la CGT, défend une tout autre vision de la société. Celle de l’égalité des droits et de la solidarité.

Published by CGT INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS -

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