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L’élection par défaut d’Emmanuel Macron

Élection présidentielle

Élu avec 66,06 % des suffrages exprimés face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron devient donc le huitième président de la Ve République. Les élections législatives seront probablement un premier test national du degré de soutien dont bénéficiera ou non Emmanuel Macron qui entend imposer son programme libéral par ordonnances. La rentrée sociale a déjà commencé.

L’élection par défaut d’Emmanuel Macron
 
 

Élu hier dimanche avec 66,06 % des suffrages exprimés face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron devient donc le huitième président de la Ve République. Marine Le Pen est battue. « Le Front national n’accèdera pas à la Présidence de la République, c’est une victoire pour la démocratie. La CGT a œuvré à faire barrage à l’extrême droite, c’est le sens de notre engagement historique. », a immédiatement réagi la confédération de Montreuil.

 

Cependant, la candidate d’extrême droite a réussi à rassembler au second tour plus de 10,6 millions de voix (33,90 %), soit près de 4 millions de plus qu’au premier tour, lors duquel elle parvenait déjà à atteindre un record historique. Elle dépasse largement les quelque 5,5 millions de voix que son père, Jean-Marie Le Pen, avait obtenues au second tour de la présidentielle de 2002 en n’en gagnant que 700.000 sur le premier tour. « Le score réalisé par le FN est à la hauteur de la désespérance sociale, elle-même la conséquence des renoncements successifs des différents gouvernements à œuvrer véritablement pour la justice sociale », commente la CGT.

 

Un vote majoritairement par défaut

La nette victoire d’Emmanuel Macron ne relève pas cependant d’un vote de soutien. D’une part, parce que la majorité de ceux qui ont glissé dans l’urne le bulletin à son nom l’a fait pour battre l’extrême droite et non par soutien au programme de l’ancien ministre de l’Économie. Ensuite, parce que plus de 25 % des 47 millions d’électeurs se sont abstenus, et quatre millions ont voté blanc. Enfin, parce que si le second tour a évidemment opposé deux prétendants à l’Élysée, les résultats des quatre candidats arrivés en tête au premier tour se tenaient dans un mouchoir de poche. Les partis successivement au gouvernement depuis des décennies ont été éliminés, mettant en lumière (de façons totalement opposées selon les votes) de profondes aspirations au changement et à une rupture avec les politiques ultralibérales qui ont conduit à la crise et intensifié l’austérité, l’insécurité sociale et les inégalités.

 

Programme libéral et ordonnances

La fulgurante ascension d’Emmanuel Macron, qui a su faire, durant plusieurs mois, la Une de plusieurs grands médias et qui a reçu le du soutien de nombre de caciques de droite et du PS, a bénéficié aussi d’un désir de renouvellement générationnel, souvent confondu avec l’idée d’un changement politique, et de moralisation de la vie politique. Pourtant, le nouveau futur locataire de l’Élysée a clairement affiché son intention d’intensifier encore les orientations de ses prédécesseurs, et qui plus est de gouverner pour cela, s’il le peut, par ordonnances. À l’issue des élections législatives des 11 et 18 juin, il veut en effet demander au nouveau Parlement, à l’occasion d’une session extraordinaire, l’autorisation de légiférer par ordonnances.

 

Son objectif ; élargir le périmètre de la loi Travail de Myriam El-Khomri en élargissant l’inversion de la hiérarchie des normes à d’autres dossiers que le temps et l’organisation du travail, priorisant l’accord d’entreprise. Il veut aussi « assouplir » les règles du licenciement économique et plafonner les dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse aux prud’hommes. Par ailleurs, il continue de faire du « coût du travail », donc des salaires directs et indirects (cotisations pour la protection sociale), un handicap pour la compétitivité. Il compte poursuivre la baisse des cotisations sociales et fiscales des entreprises, pesant dès lors à la fois sur les recettes publiques, et sur le financement de la sécurité sociale. Tout en réduisant ces recettes, il met en avant la nécessité de réduire la dette pour justifier sa volonté de réduire les dépenses publiques, faisant comme s’il n’y avait pas des mauvaises et des bonnes dettes, celles qui permettent d’investir.

Il se donne par ailleurs pour objectif de rencontrer les principaux dirigeants européens pour proposer une feuille de route quinquennale afin de doter la zone euro d’un « vrai budget ». 

 

Autant dire que le nouveau Président ne bénéficiera pas d’état de grâce et que la rentrée sociale a déjà commencé.

Les élections législatives seront probablement un premier test national du degré de soutien dont bénéficiera ou non Emmanuel Macron pour mener cette politique au pas de charge.

 

L’extrême droite toujours en embuscade

Le FN les prépare déjà. Espérant poursuivre la « dédiabolisation » de l’extrême droite, Marine Le Pen a signé un accord avec Nicolas Dupont-Aignan pour les législatives après celui de la présidentielle. Elle a annoncé une « transformation profonde » du Front national et envisage un changement de nom, censé faire oublier les racines et l’histoire de ce parti, alors qu’elle défend la notion de « racines » quand il s’agit d’affirmer sa vision du pays et d’imposer un récit national fantasmé. Son objectif : se présenter comme l’alternative et substituer une fausse opposition entre patrie et mondialisation à l’opposition bien réelle entre le capital et le travail, laquelle agit à l’intérieur des frontières nationales comme à l’échelle internationale.

 

Rentrée sociale

D’ores et déjà, le Medef a adressé de « chaleureuses félicitations » à Emmanuel Macron. Et Pierre Gattaz a déjà annoncé attendre « du prochain gouvernement qu’il mène les réformes qui permettront à tous les Français de gagner, aux entrepreneurs de se développer depuis la France et aux investisseurs étrangers de venir investir en confiance », souhaitant aller beaucoup plus loin encore qu’avec les précédents gouvernements.

 

Le nouveau président aurait tort cependant de négliger la colère et les attentes des citoyens. « Combattre le Front national, c’est avant tout rompre avec les politiques libérales. C’est dans cette optique que la CGT œuvrera, par la mobilisation sociale, pour imposer d’autres choix, agir pour le progrès social et un monde de paix », a d’ores et déjà annoncé la CGT.

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