Dans la grande distribution, c’est désormais une tendance lourde (et irréversible ?) : l’ouverture des magasins le dimanche permise par la loi Macron du 8 août 2015.

Après l’hypermarché Géant Casino à Exincourt il y a environ un an et demi, l’hypermarché Leclerc du Pied des Gouttes franchira le pas le 27 août prochain. Et cela hérisse la CGT qui dégaine ses arguments pour fustiger « une revendication patronale servie en 2015 sur un plateau en argent par le gouvernement, au nom de la modernisation, de la croissance et de l’égalité des chances économiques ».

« Le dimanche, des achats reportés »

Pour l’organisation syndicale, « la généralisation du travail dominical conduira, à terme, à la suppression des majorations salariales et à la remise en cause des 35 heures ». Elle interroge : « Peut-on sacrifier sa vie de famille, la pratique d’un sport, d’une activité culturelle ou associative pour des dimanches caddy ? Peut-on exiger cela des employés du commerce ? »

Elle rappelle par ailleurs que « ce sont les femmes qui sont les premières victimes : elles subissent le temps partiel, les horaires flexibles, les mauvaises conditions de travail, les bas salaires. »

La CGT bat aussi en brèche l’argument selon lequel le travail du dimanche permettrait de relancer l’économie. « La réalité est tenace », clame-t-elle. « Ce qui est acheté le dimanche ne le sera pas le samedi, ni le lundi. Ce sont des achats reportés. Les revenus ne sont pas extensibles ».

Elle enfonce le clou : « La généralisation de l’ouverture dominicale des grandes surfaces est un coup dur pour les petits commerces de proximité dont certains sont conduits à la faillite. Or ce sont les maires et les pouvoirs publics qui délivrent les autorisations ! »

« 1 800 euros bruts minimum et la semaine des 32 heures »

La CGT rappelle encore « l’importance des luttes sociales qui ont permis, au fil du temps, d’obtenir toute une série de droits sociaux avec, par exemple, les congés payés, les conventions collectives, le treizième mois, les 35 heures, la prévoyance santé, la participation de l’employeur à la mutuelle, les droits pour événements familiaux, etc. » et réitère deux de ses revendications « réellement créatrices d’emplois et permettant de vivre décemment », à savoir « un salaire minimum de 1 800 euros bruts par mois et la semaine de 32 heures ».

Elle conclut, en invitant les salariés à lutter et à participer, le 12 septembre prochain, à une journée d’action contre la réforme du code du travail : « S’il devenait la norme, le travail dominical entraînerait un profond changement de société. »