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Syndicat CGT  AUTO INERGY DIVISION Groupe Plastic Omnium

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Hopium : hydrogène et aventure française !

Hopium : hydrogène et aventure française !

 

L’adage « c’est parce qu’ils savaient que c’était impossible qu’ils ont réussi » pourrait sourire à Olivier Lombard, jeune entrepreneur qui mise sur la mobilité hydrogène en lançant une marque automobile de luxe française. Explications.

La grande berline Hopium Machina pourrait réhabiliter la tradition du véhicule de direction, l’opulence se faisant vertueuse au plan environnemental. © Hopium Machina
La grande berline Hopium Machina pourrait réhabiliter la tradition du véhicule de direction, l’opulence se faisant vertueuse au plan environnemental. © Hopium Machina

Certains ont eu tôt fait de l’appeler l’Elon Musk français de l’hydrogène, mais Olivier Lombard semble promis à un destin qui lui est propre. Plus jeune vainqueur des 24 Heures du Mans, en catégorie LMP2, en 2011, il aurait pu poursuivre une carrière de pilote, mais la volonté d’entreprendre et de faire partie des pionniers d’une nouvelle ère de la mobilité hydrogène l’a rattrapé. « J’avais envie de mener un projet, mais aussi d’en créer un. Nous avions pris quelques initiatives avec des amis, mais cela ne débouchait pas sur des choses concrètes », déclare d’une voix posée Olivier Lombard, avant d’ajouter : « Puis il y a eu un déclic, créer une marque automobile à la confluence de l’homme, de la nature et de la haute technologie. La solution de l’hydrogène s’est imposée, car l’hydrogène vert est vertueux et balaye l’objection du temps de charge. Elle est aussi compatible avec les exigences de la compétition comme j’ai pu le voir en travaillant avec le laboratoire suisse Green GT. Et personne n’a encore conçu un beau projet en partant de cette technologie ».

 

Olivier Lombard © Hopium Machina
Olivier Lombard © Hopium Machina

 

Malgré certaines discussions, voire objections, le tout juste trentenaire assure qu’il n’a jamais hésité avec l’option du 100 % électrique à batteries. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que la technologie est au cœur du projet et c’est d’ailleurs Hopium qui veut définir son architecture de pile à combustible, avoir la maîtrise du savoir-faire lié au stack et à la balance des performances. Sans rodomontades, car les équipes d’Hopium acceptent naturellement de s’entourer. « Nous essayons de convaincre des partenaires de participer à l’aventure, afin de construire un écosystème. Mais nous ne voulons pas être une quantité négligeable dans l’intelligence de cet écosystème », souligne Olivier Lombard. Parmi les premières réussites remarquables de l’entreprise, l’accord conclu avec l’équipementier Plastic Omnium, une référence dirigée par Laurent Burelle, qui n’a rien d’un savant fou. Pour assurer une autonomie généreuse de 1 000 km, le véhicule embarque trois réservoirs à hydrogène fournis par Plastic Omnium.

Aligner haute technologie et écologie contemporaine

Par ailleurs, on perçoit aussi chez Olivier Lombard une volonté de défricher, de faire partie des pionniers de l’hydrogène : « on peut déjà deviner cet écosystème en France et en Europe, mais on peut lui inventer une vitrine, une nouvelle marque, une voiture étendard qui fera dire à ses conducteurs et ses passagers “je vis quelque chose” ».

En outre, avec les plans hydrogène de plusieurs milliards d’euros débloqués en Allemagne et en France, le timing est engageant. La présence de Jean-Baptiste Djebbari lors de l’événement presse de juin 2021, dans le cadre choisi de VivaTech, en témoigne, au même titre que l’appui de plusieurs chefs d’entreprises, au mois de décembre 2020, pour l’introduction d’Hopium sur le marché « Access » des start-up de la Bourse de Paris.

Le premier véhicule d’Hopium se construit autour de la technologie. C’est valable dès l’étape cruciale du style, confiée à Félix Godard, un designer passé par Porsche, Lucid et Tesla, qui reprend tous les codes du premium en les rehaussant de motifs tech, dans le meilleur de la veine allemande, à l’image de blocs optiques d’une grande complexité. Au regard de son positionnement, les performances sont naturellement au rendez-vous, 500 chevaux disponibles et une vitesse de pointe d’environ 240 km/h.

 

Développé en un temps record, le concept Confluence est un manifeste technologique pour la marque Hopium, qui dépasse le champ des mobilités pour intégrer la blockchain. © Hopium Machina
Développé en un temps record, le concept Confluence est un manifeste technologique pour la marque Hopium, qui dépasse le champ des mobilités pour intégrer la blockchain. © Hopium Machina

 

Le prototype a atteint les objectifs fixés, en numérique comme sur piste. « Le recours à des outils de simulations très avancés nous permet de gagner beaucoup de temps », précise Olivier Lombard. Par ailleurs, Le véhicule fait valoir une autonomisation de la conduite de niveau 4 et embarque des logiciels de pointe servis par l’intelligence artificielle : « L’IA, c’est qui facilite la vie des usagers, ce qui personnalise les interactions, c’est indispensable ». Le projet Hopium comprend aussi un important volet lié à la blockchain, afin de sécuriser les technologies embarquées. Une filiale dédiée, UNA, a vu le jour en Californie, une évidence pour Olivier Lombart : « C’est en parfaite cohérence avec le choix de l’hydrogène, un hydrogène vert basé sur les énergies renouvelables. La voiture peut tout à fait se mettre au service de la blockchain ».

Encore des défis à relever

Reste deux écueils à éviter pour que ce défi technologique devienne une “success story” estampillée « French touch ». D’une part, le financement des prochaines étapes clés du projet, mais les dernières indications des places de marché sont plutôt positives (voir encadré). D’autre part, le stade de la production dont l’histoire automobile, y compris récente, vient nous rappeler qu’il a anéanti plusieurs beaux projets. « Nous savons qu’il ne faut pas prendre cela à la légère, le facteur risque étant important et les coûts élevés. Il faut savoir s’entourer et déléguer, tout en restant innovant », assure Olivier Lombard. La production doit débuter en 2025 en France, pour de premières livraisons en 2026, environ un peu plus de 1 500 pour atteindre 8 000 unités en 2030. Étant entendu qu’à 120 000 euros, l’Hopium Machina sera le vaisseau amiral de la marque qui prévoit de commercialiser ensuite des véhicules plus accessibles.

Hopium boucle une nouvelle levée de fonds
Fin août, Hopium a annoncé avoir mené à bien une augmentation de capital par placement privé pour un montant de 6 millions d’euros, à 22 euros par action contre 8,55 euros lors de la précédente levée de fonds, en février, pour 5 millions d’euros. L’opération a été réalisée auprès d’un cercle restreint d’investisseurs qu’Olivier Lombard tient à « remercier vivement pour leur confiance ». Un pool privé qui maintient donc sa confiance dans le projet Hopium, sachant que de nombreux millions d’euros seront encore nécessaires pour aboutir à la mise à la route de la Machina. À l’issue de cette levée de fonds, la répartition de l’actionnariat évolue et se décline comme suit : 49,79 % pour Olivier Lombard qui passe sous le seuil des 50 %, 34,26 % pour les actionnaires historiques, et 15,95 % d’actionnariat flottant.
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