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Syndicat CGT AUTO INERGY DIVISION Groupe Plastic Omnium

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STOP....Salariés Inergy Automotive Systems LAVAL...Groupe Plastic Omnium....

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Sois poli si t’es pas joli…

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Gaza : les combats se poursuivent....Oeil pour Oeil...

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Le livret A mal loti.....

 

Le livret A mal loti

Les faits. Le taux de rémunération du livret A passera de 1,25 % à 1 % le 1er août.

Le contexte. Le faible taux d’inflation sert de justification à cette nouvelle baisse, qui pourrait bien profiter à d’autres placements plus rémunérateurs en dépit du risque encouru.

Les enjeux. L’argent collecté par l’épargne populaire sert en grande partie à financer le logement social via la Caisse des dépôts. Il faut donc la préserver, et la baisse du taux du livret A n’est pas la solution, loin s’en faut.

Le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin a annoncé le 10 juillet que le taux de rémunération du livret A serait fixé à 1 % à partir du 1er août. C’est le taux d’inflation qui sert de base de calcul pour déterminer le taux de rémunération, et la raison officiellement donnée est un contexte de très faible inflation sur un an, de juin 2013 à juin 2014. Le placement financier préféré des Français est ainsi au plus bas niveau de toute son histoire. Dans un contexte où les petits épargnants piochent de plus en plus dans leurs économies pour faire face à des dépenses que ne couvrent plus leurs revenus, la baisse continue, depuis plusieurs années, du taux du livret A risque de détourner vers des placements spéculatifs une épargne destinée, via la Caisse des dépôts (CDC), à des politiques et services publics, parmi lesquels le logement social.

 

1. Le livret A, quèsaco ?

Le livret A, qu’on appelait autrefois le « livret de caisse d’épargne » est le compte d’épargne réglementé et défiscalisé le plus utilisé en France. Il a été créé en 1818, en même temps que la Caisse d’épargne de Paris. Il s’agissait alors de solder la crise financière léguée par les guerres napoléoniennes en empruntant les économies du peuple. Plus tard, il a servi à initier et à encourager le dépôt d’argent en banque, à une époque où il n’y avait aucun système de protection sociale et où seule la bourgeoisie accédait à des titres d’épargne.

 

Quelques chiffres

Il y a actuellement 63 millions de livrets A, selon le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée. La moyenne des dépôts était de 4 063 euros fin 2013. Qui rapporteront donc désormais 40,63 euros sur une année pleine (contre 50,78 euros précédemment).

En réalité, derrière cette moyenne toute théorique se cachent d’importantes disparités, puisque l’encours, c’est-à-dire le solde, ne dépasse pas 150 euros pour 45 % de ces livrets. Quand, par ailleurs, le nombre de comptes qui affichent plus de 15 300 euros d’encours est passé de 8,1 % en 2008 à 11,7 % l’an dernier.

 

 

La base de calcul

Révisée deux fois par an, le 1er février et le 1er août, la rémunération du livret A doit en théorie suivre une formule de calcul automatique, basée notamment sur l’indice officiel de l’inflation « hors tabac » (selon la loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, toute référence à un indice des prix à la consommation ne doit pas prendre en compte le prix du tabac). Le taux de rendement doit être supérieur de 0,25 point au taux d’inflation constaté. 

Or, le taux de l’inflation hors tabac est actuellement de 0,3 % selon les derniers chiffres de l’Insee (0,5 % avec le tabac). Ce qui aurait dû conduire à faire passer le taux actuel de 1,25 % – qui était déjà le taux le plus bas de son histoire – à 0,5 %. Le gouvernement aura donc décidé de « limiter la baisse » en la ramenant à 1 %.

 

 

Un placement toujours attractif… surtout pour les ménages aisés

Le rapport 2013 de l’Observatoire de l’épargne réglementée confirme que le livret A reste attrac­tif du fait des nombreux avantages qu’il offre : c’est un placement « liquide » (l’argent n’est pas bloqué), avec une exemption totale d’imposition et de prélèvements sociaux et, qui plus est, la garantie de l’État. Mais cette épargne est de plus en plus concentrée chez les ménages aisés qui économisent plus, de fait, et ont moins besoin de ponctionner leurs comptes pour payer leurs factures. En effet, si les livrets d’un montant supérieur à 15 300 euros ne représentaient fin 2013 que 12 % du nombre total de livrets, ils constituaient 58 % de l’encours global (contre 50 % en 2012).

 

2. Le dessous des cartes

« Soucieux de trouver un équilibre entre la juste rémunération de l’épargne des Français, l’attractivité du livret A qui collecte de l’épargne pour financer la construction de logements sociaux, mais aussi la nécessité de préserver le coût des prêts aux organismes de logement social, qui dépend directement du taux du livret A, le gouvernement a décidé de fixer le taux du livret A à 1 % », argumente le ministère des Finances et des Comptes publics. Qui souligne que le taux choisi est supérieur au taux de 0,50 % qui devrait « normalement » prévaloir et qu’il est bien au-dessus de l’inflation actuellement constatée. Un cadeau, en quelque sorte.

 

 

Un pouvoir d’achat à géométrie variable

Mais pour les ménages populaires, la hausse des prix des denrées de base ou de l’énergie est beaucoup plus importante que le taux moyen de la hausse des prix à la consommation. Ce qui veut dire que la baisse du taux du livret A accentue une baisse du pouvoir d’achat de leur épargne. Le Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal) s’en indigne : « Le livret A d’épargne est vraiment un placement populaire : 95,5 % des Françaises et Français détiennent un livret. [Il] sert à une majorité de précaires à économiser euro par euro pour boucler les fins de mois. Un quart des Français le prennent aussi en cas de pépin ou de facture imprévue. Ceci explique que les épargnants qui ont les livrets les moins bien dotés (une majorité) l’utilisent pour des petites sommes et pour “perdre” le moins d’argent possible. Un pour cent d’intérêt pour toutes ces familles ! »

 

 

Tendance à la décollecte

Les sommes déposées en mai sur le produit d’épargne préféré des Français ont été inférieures aux retraits. Soit une « décollecte » nette de 90 millions d’euros, selon les chiffres publiés par la Caisse des dépôts. C’est la deuxième fois que le livret ne fait pas recette depuis le début de l’année. En février avait été enregistrée une collecte nette de moins 21 millions d’euros. Sur les cinq premiers mois de l’année, toutefois, le solde de 2,41 milliards d’euros est encore positif. Mais c’est beaucoup moins que les 14,88 milliards supplémentaires accumulés au cours de la période comparable de 2013. 

La tendance risque de se poursuivre. Car les petits épargnants piochent dans leurs réserves pour faire face à des dépenses qu’ils ont de plus en plus de mal à assurer avec leurs revenus. Le chômage, la précarité des situations, l’appauvrissement d’un nombre grandissant de foyers jouent, en dépit de l’argumentation officielle qui met en avant le faible taux d’inflation et la hausse relative du pouvoir d’achat quand, en réalité, les inégalités s’accroissent et que c’est le pouvoir d’achat des plus riches qui infléchit la balance.

 

Rêves de banques

Depuis le 1er janvier 2009, toutes les banques peuvent distribuer le livret A, alors qu’auparavant, l’exclusivité de la distribution revenait aux opérateurs historiques que sont la Banque postale, la Caisse d’épargne et le Crédit mutuel. Mais leur intérêt est ailleurs : elles aimeraient bien capter davantage d’une épargne qui atteignait 371 milliards d’euros fin mai, entre le livret A et le livret de développement durable, au profit de placements plus rémunérateurs, comme les assurances-vie. En baissant le taux du livret A, le gouvernement favorise encore ces solutions d’épargne gérées par les banques, qui mettent les dépôts directement à leur disposition pour spéculer.

Lorsque la distribution du livret A a été étendue à toutes les banques, elles se sont engagées à financer les PME – c’était l’objectif officiel de cette ouverture – et à fournir un rapport sur l’utilisation des fonds collectés. Mais « malgré les demandes répétées du président et du rapporteur général de la commission des finances, nous n’avons jamais reçu ce document que nous attendons depuis près de deux ans », déclarait déjà Henri Emmanuelli en novembre 2012, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale.

 

 

Financement du logement social : où en est-on ?

La baisse du taux du livret A risque d’accentuer encore le détournement d’une épargne en grande partie destinée au logement social, via la Caisse des dépôts, vers des placements spéculatifs qui sont à la source de la crise. Les fonds centralisés à la Caisse des dépôts constituent en effet la ressource qui permet de financer, sous forme de prêts à très long terme (de vingt à quarante, voire cinquante ans), des priorités publiques, définies par l’État. En premier lieu, le logement social : les prêts sur fonds d’épargne représentent en moyenne 70 % du financement d’un logement social. 

L’argument gouvernemental (déjà utilisé pour les années précédentes) consiste à dire que la baisse du taux de rendement de l’épargne populaire se traduira par un abaissement des taux auxquels les organismes HLM empruntent, leur permettant d’économiser plusieurs centaines de millions d’euros en année pleine, et ainsi de financer plus de logements sociaux. Mais, outre qu’on est encore loin du chiffre annoncé des 150 000 logements sociaux supplémentaires, quand il y a 1,7 million de demandes en attente, il est faux de laisser croire que l’on résoudra le problème par la baisse du taux du livret A. Car ce qui pénalise aujourd’hui la construction de logements sociaux, ce n’est ni le manque de ressources ni leur coût pour les bailleurs sociaux, mais plus largement les questions du foncier disponible, de l’absence de volonté de certaines collectivités locales, alors que la baisse du pouvoir d’achat ne permet plus un parcours résidentiel pour la majorité de salariés.

 

 

3. Un pôle financier public

Pour la CGT, il importe de mettre en place un pôle financier public dont l’un des objectifs serait de diriger l’épargne populaire vers la satisfaction des besoins sociaux et économiques. Sa mission consisterait à permettre à tous les habitants de se constituer une épargne et de garantir la sécurité de celle-ci. La sécurisation et l’usage de cette épargne au service de la satisfaction des besoins sociaux et économiques posent la question de leur centralisation et de la banalisation des livrets dans les établissements bancaires, qui porte atteinte aux objectifs visés par ce type d’épargne.

Pour la grande majorité des salariés, des privés d’emploi et des retraités, la meilleure garantie pour préserver le pouvoir d’achat et la capacité d’épargner qui en fait partie reste d’augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux. Cela nécessite de dynamiser l’économie par la création d’emplois et les investissements productifs. Pour la CGT, la baisse du taux de l’épargne populaire n’est pas la solution. Au contraire.

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Tsahal aussi n'épargne pas les enfants....

Tsahal aussi n'épargne pas les enfants....

L'attaque par des blindés israéliens d'une école gérée par l'Onu dans le nord de la bande de Gaza a fait au moins quinze morts, des femmes, des enfants et une centaine de blessés mercredi parmi les familles qui s'y étaient réfugiés. D'après des responsables de l'UNRWA, l'agence de l'Onu chargée des réfugiés palestiniens, l'armée israélienne avait été prévenue à dix-sept reprises, la dernière fois quelques heures seulement avant les tirs, que l'Ecole élémentaire pour filles du camp de réfugiés de Djabalia abritait des réfugiés ayant fui les combats.

Une porte-parole de l'armée israélienne a déclaré que des combattants palestiniens avaient tiré au mortier depuis les environs de l'école et que Tsahal n'avait fait que riposter. "Nous continuons d'enquêter sur cette affaire", a-t-elle ajouté.

Mais le directeur de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl a condamné "dans les termes les plus forts cette grave violation du droit international par les forces israéliennes". "J'appelle la communauté internationale à mettre en oeuvre une action politique internationale délibérée pour mettre fin immédiatement à la poursuite de ce carnage", poursuit-il dans un communiqué.

Après les tirs de chars, les murs des salles de classe étaient couverts de sang et, au milieu des bris de verre et des gravats, certains survivants étaient à la recherche de corps à enterrer. Près de la cour, une vingtaine d'ânes, encore attachés à une balustrade, gisaient sur le sol.

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Salariés INERGY AUTOMOTIVE SYSTEMS LAVAL.....GROUPE PLASTIC OMNIUM....Un Départ aujourd'hui....sans retenue.....A lire sur nos  Blogs...
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Déterminés et soudés......

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Charlie Hebdo : La Une de la semaine

N°1154 du 30 juillet 2014

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SANOFI - Souffrance dans la pharmacie...INERGY LavaL aussi....

 

SANOFI - Souffrance dans la pharmacie

Plans sociaux répétés, réorganisations récurrentes, management axé sur la contrainte… Plusieurs rapports d’experts pointent une dégradation de la santé des salariés chez le premier laboratoire pharmaceutique français. Les syndicats dénoncent la stratégie de l’entreprise qui détruit emplois et collectifs de travail. La CGT bataille pour faire barrage à la souffrance qui en découle. Preuve à l’appui.

 

Calvin s’en est bien tiré. Mais il sait qu’il a eu « de la chance ». Parti de chez Sanofi avec le dernier PSE qui a supprimé près de 2000 postes depuis 2012, Calvin Doney, 57 ans, cadre à la R&D de Sanofi, est soulagé d’avoir quitté l’entreprise. Les derniers mois ont été pénibles, déstabilisants. Touché par une situation de souffrance au travail après plus de vingt années de boîte « plutôt heureuses », il a finalement pris cette voie de sortie de façon inexorable. Et évoque aussi combien les professionnels, comme les collectifs de travail, sont percutés. « Chacun a intériorisé ces cycles de restructuration, des collègues me disant : “Comme j’aimerais être à ta place ! Je devrais être dans le suivant…” La plupart ont vu leur environnement et les relations avec leurs collègues, mais surtout avec leurs chefs, se dégrader dans une organisation du travail de plus en plus contraignante. » Durant les quelques mois qui précèdent son départ fin mai dernier, il réalise que « dans un passé récent, six personnes sur quatre-vingts avaient été arrêtées pour un problème identifié comme “risque psychosocial”. Quid des personnes qui ont masqué la raison de leur arrêt de travail, ou bien qui n’ont tout simplement pas été arrêtées, ce qui fut mon cas ? »

D’autres sont malheureusement passés à l’acte : plusieurs cas de suicides et de tentatives de suicide ont été recensés dans l’entreprise ces dernières années. Le lien direct entre ces gestes désespérés et l’entreprise reste à prouver, mais le malaise au sein des salariés est manifeste. « Bien sûr, la direction s’engouffre systématiquement dans la difficulté à démêler le personnel du professionnel, précise Pascale Joffre-Malamas, élue CGT au CHSCT du site R&D de Vitry-sur-Seine (94). Mais la souffrance au travail est très prégnante chez nous, en R&D comme au commercial, on le ressent très fort au quotidien. »

 

Quand la contrainte remplace la confiance

Le phénomène s’amplifie, comme le montrent différents indicateurs du rapport intermédiaire de l’Observatoire médical du stress, de l’anxiété et de la dépression (Omsad) datant d’octobre 2013, commandé par la direction. « Il stipule que le stress est plus important chez nous que dans d’autres entreprises, résume Thierry Bodin, délégué syndical central CGT. À Toulouse et Montpellier, deux sites de R&D particulièrement touchés par le PSE, différents rapports de santé au travail et expertises CHSCT ont également pointé des risques graves pour la santé au travail. » Pour lui, la souffrance au travail est directement liée à la stratégie de l’entreprise : « La récurrence des plans de restructuration, l’augmentation de la pression sur les salariés, le management axé sur la contrainte et non plus sur la confiance, bref, l’évolution de Sanofi ces dernières années est dévastatrice. » Et de décrire une situation aliénante où les managers sont chargés de faire « le sale boulot de la direction », c’est-à-dire faire passer le message et être hyperexigeants, faute de quoi ils risquent leur poste ou une part de leur rémunération individuelle – de 10 à 40 % selon la position hiérarchique – directement liée à leur performance, expliquent les militants. « Ce type de management par le stress a beau ne pas fonctionner et même se révéler contre-productif, note le syndicaliste, les consignes venant d’en haut, les managers l’appliquent même s’ils sont convaincus que c’est idiot car tout le monde a peur pour son poste, pour sa prime. »

Souffrance et management

Quand le conflit individuel éclate entre lui et un manager avec qui il a travaillé en toute cordialité pendant des années, Calvin est sous le choc. Quand il comprend que ce n’est pas qu’un éclat mais un comportement voué à se prolonger, il décide « malgré la barrière de la honte causée par l’humiliation subie » d’expliquer sa situation à deux militants de la CGT, dont il est proche. « Ils m’ont écouté et aidé à “gérer” la crise concrètement. Mais, globalement les syndicats ont aussi autre chose à faire. Ils s’épuisent à défendre l’emploi, à négocier les différents PSE. » Une autre collègue syndicaliste avec qui il évoque son malaise de façon allusive préfère même, pour sa part, ne pas s’en mêler : « C’était presque la même attitude que celle du chef du département, qui m’a isolé dans une case pour me permettre de continuer mon travail. » Dans les faits, l’étau se desserre, le quotidien redevient certes praticable, mais l’ambiance demeure délétère, les raisons de ces aménagements restent camouflées et sa souffrance totalement cachée, aucun département ne voulant être montré comme celui où il y a de la souffrance au travail. « On fait silence, on démine si possible, mais on ne cherche pas à comprendre et à régler vraiment le problème », constate le cadre.

« C’est bien la difficulté, réagit Pascale Joffre-Malamas [voir l’encadré page suivante]. Quand une situation dégénère dans une unité, l’analyse s’arrête en général au constat au moment de la crise, sans faire l’analyse rétrospective de ce qui a changé dans le collectif de travail et qui aurait pu expliquer l’émergence de la crise. Trop souvent, on se contente d’écarter le “maillon faible”, et c’est tout. Ce qui a été encore une fois le cas ici. »Malgré son énergie et sa constance, la syndicaliste dit aussi l’impuissance à convaincre la direction que l’analyse doit être complète. Et dans les rares cas où il est fait appel à des experts pour comprendre l’origine du problème, « ces derniers s’arrêtent également aux évidences. Quant à la passivité et au fatalisme du management et des DRH lorsque les écarts de comportements sont le fait de hiérarchiques plus élevés, c’est malheureusement une constante, regrettée quelquefois mais le plus fréquemment tolérée, voire encouragée et assimilée à du courage managérial ».

La situation de Calvin aurait-elle pu être évitée au sein d’un collectif de travail fort et solidaire ? Il en est convaincu, mais « là, il n’y avait plus cette force, comme si on vivait une période “d’inconscience de classe” », conclut-il. Et Pascale Joffre-Malamas de confirmer : « Les dépar­tements de R&D ont une gestion très individualisée du travail car il est plus facile de gérer des personnes seules qu’un collectif. La direction craint une reconstitution du collectif qui pourrait faire front commun et remettre en question ses décisions. C’est nier l’essence même du “travail” mais c’est aussi oublier qu’un métier ne fonctionne pas seul, qu’il a de multiples interactions au sein de l’entreprise. »

 

 

Travail et qualité

Outre les arrêts d’activité et les suppressions de postes qui démoralisent nombre de salariés, l’organisation du travail est également un facteur de contrariété, de résignation, et finalement de souffrance quand elle participe à la dégradation de la qualité du travail accompli. « Beaucoup de choses dans le travail sont devenues pathologiques, témoigne Calvin. La multiplication des procédures par exemple : il y a vingt-cinq ans, elles étaient résumées en une centaine de pages. À la fin des années 1990, lors de la fusion entre Rhône-Poulenc et Hoechst, on a vu débarquer quotidiennement, sur nos messageries électroniques, une nouvelle procédure. Aujourd’hui, on en est à vérifier que chacun connaît les procédures. C’est le quotidien de nombreux collègues d’avoir à apprendre des dizaines de procédures dans l’année, en plus du travail à effectuer. »Résultat : au lieu d’apprendre réellement ces procédures – ce qui est impossible, vu leur nombre – les salariés finissent par remplir scolairement des questionnaires qui valideront cet apprentissage et seront une mesure des « performances » d’un département. « Chacun sait que tout cela ne sert à rien, mais personne ne le dénonce officiellement, tout ce processus étant censé démontrer le respect de la réglementation de l’industrie pharmaceutique et constituer un gage de qualité, indique Calvin. En réalité, ces procédures ont peu à voir avec la qualité du travail, avec le travail “bien fait”, ni avec une vision critique qui pourrait l’améliorer. ». Dès lors, les salariés se retrouvent souvent tiraillés entre l’accomplissement de leur travail selon la prescription ou selon leur conscience.

« On est dans une logique de choix incontestable, développe Thierry Bodin. Il s’agit, par exemple, de gagner du temps sur le développement préclinique et clinique ; plus on obtient des résultats intermédiaires rapidement, plus on peut tirer parti de l’exclusivité d’un traitement avant l’arrivée du compétiteur ou du générique. » Dans ce contexte de recherche prioritaire de la rentabilité, la stratégie de l’entreprise suppose la réduction de la masse salariale, mais aussi le départ de différentes compétences, l’abandon de plusieurs activités et d’une certaine éthique qui pèsent indéniablement sur les salariés. L’entreprise voudrait « “faire mieux, plus vite, avec moins”. Sauf que la logique, la raison, puis la réalité démontrent que c’est impossible. Mais on continue de rechercher la pierre philosophale, celle qui transforme n’importe quel métal en or et guérit miraculeusement les patients ».

Action et syndicats

Côté direction, on s’active pour éviter les drames qui pourraient susciter l’indignation sur la place publique et porter atteinte à l’image de marque de Sanofi. Les salariés disposent d’un numéro de téléphone pour accéder à une aide psychologique si besoin ; les managers, eux, reçoivent des formations pour apprendre à « faire passer la pilule » dans une orientation visant à maîtriser les risques psychosociaux. Il ne s’agit pas de remettre en question la stratégie d’entreprise, mais bien de faire en sorte que les salariés s’adaptent à cette nouvelle situation et de mettre en place les éléments nécessaires pour réduire les dérapages en matière, entre autres, de santé mentale et pour limiter la casse dans la poursuite de la stratégie imposée.

« Notre priorité, c’est l’emploi, le combat contre les plans de restructuration, sans quoi il n’y a plus rien, note Thierry Bodin. Mais la souffrance au travail est un vrai sujet syndical sur lequel on essaie d’agir. On commande des études CHSCT pour prendre le pouls de la réalité et identifier les risques, on envisage des solutions spécifiques à des cas précis et on propose une écoute, un accompagnement individuel des salariés. » En face, la direction prend acte et parfois prend même des mesures visant à améliorer les choses. « Sauf qu’on n’est pas dans l’élimination du stress ou de la souffrance au travail, mais bien dans son accompagnement. »

Après avoir eu recours à une aide psychologique personnelle qui a constitué « un filet de secours, un lieu où pouvoir exposer mon problème, en débattre, Calvin reconnaît que se faire humilier par un manager n’est pas quelque chose qu’on popularise volontiers dans l’entreprise. On en parle à des collègues proches ou susceptibles d’avoir vécu des choses similaires pour se serrer les coudes. Mais il est difficile de parler de ça dans le collectif de travail ». C’est l’une des premières difficultés de la reconstruction de sa propre intégrité, mais aussi de l’action collective sur le sujet. À l’aube de son pot de départ, il a décidé de jeter un pavé dans la mare en récapitulant sa situation à ses supérieurs dans un mail. « Parce qu’il fallait alerter et partir la tête haute. »

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Hollande propose Moscovici comme commissaire européen....

Hollande propose Moscovici comme commissaire européen....

François Hollande a proposé à Bruxelles la nomination de l'ancien ministre socialiste des Finances Pierre Moscovici comme commissaire européen, dans un courrier adressé mardi au président élu de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

«Je vous confirme que la France désigne Monsieur Pierre Moscovici au titre des personnalités que le Conseil (européen), en accord avec vous-même, est appelé à proposer comme membre de la Commission européenne», a écrit le chef de l'Etat français dans ce courrier.

Jean-Claude Juncker répartit les portefeuilles et présentera son équipe aux dirigeants européens lors de leur sommet du 30 août. Le président français a confirmé qu'il voulait une vice-présidence et le poste des Affaires économiques.

Le périmètre du portefeuille confié à Pierre Moscovici est toujours en discussion, en raison des réserves émises par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, contre l'idée de confier à la France la responsabilité de faire respecter la rigueur budgétaire dans l'UE.

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