Un homme décapité tente d’accrocher au mur un portrait de Joseph Staline, dont la bouche dégouline de sang. Le dessinateur russe Sergueï Elkin réagit ici à la polémique qui fait rage ces jours-ci en Russie, suite à la décision de la direction de l’Académie de droit de Moscou d’accrocher à l’entrée d’un de ses amphithéâtres une plaque commémorative en l’honneur de l’ancien dirigeant soviétique.

Le 26 juin, le célèbre avocat Guenri Reznik claquait la porte de l’Académie, où il enseignait, rapporte le journal en ligne Gazeta.ru. Staline “a enterré le droit”, s’est insurgé Reznik dans son blog sur le site de la radio Echo Moskvy.

Une plaque en honneur du fossoyeur du droit […] est installée dans le temple de la science juridique. Non, merci. Trop c’est trop.”

En signe de protestation, professeurs et étudiants de l’Académie ont lancé une pétition, dénonçant “la réhabilitation du régime stalinien” et réclamant le démontage de la plaque.

Pourquoi la société russe n’a-t-elle pas été “vaccinée” une bonne fois pour toutes contre le fléau stalinien ? s’interroge Gazeta.ru. Parce qu’“il n’y a jamais eu de condamnation irrévocable des crimes de Staline contre son propre peuple, formalisée par une procédure juridique, telle que le procès de Nuremberg [procès de 1945-1946 contre les chefs du régime nazi]”. En attendant, “les dirigeants et le peuple russes se plaisent à rejouer le stalinisme, […] à croire qu’ils ont complètement perdu l’instinct de conservation”