“Je viens ici parce que je pense que les relations entre la France et l’Algérie reposent sur une histoire complexe, riche, douloureuse souvent, et d’une importance fondamentale”, a confié au quotidien El-Watan le candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron, dans le cadre de la visite qu’il a effectuée à Alger les 13 et 14 février.

Dans une tribune publiée par le site algérien Tout Sur l’Algérie, TSA, Emmanuel Macron détaille sa vision de la relation algéro-française :

Les Franco-Algériens, et tous ceux qui ont des racines partagées entre l’Algérie et la France, sont un atout et une chance pour notre relation. Au-delà de ces femmes et de ces hommes, ce sont nos deux peuples, je le crois, qui ont vocation à écrire ensemble une nouvelle histoire.”

“Ni de droite, ni de gauche. L’Opni (Objet politique non identifié) de la campagne présidentielle française, Emmanuel Macron, désormais favori des sondages, a mis en place un programme de visite digne d’un haut responsable officiel”, relève TSA.

À Alger, l’ancien ministre de l’Économie a été reçu avec les honneurs. Après un long entretien avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le ministre de l’Industrie et des Mines Abdeslam Bouchouareb, Emmanuel Macron a rencontré la ministre de l’Éducation Nouria Benghebrit et celui des Affaires religieuses Mohamed Aïssa.

Tapis rouge

“Jamais candidat à l’élection présidentielle française n’a été reçu à Alger avec autant d’égards : des rencontres à un haut niveau, dépôt de gerbe de fleurs à Makam El-Chahid [le Mémorial du martyre, édifié en 1982 en hommage aux combattants de la guerre d’indépendance] et autres signes ostentatoires pour donner du relief et du poids à cette visite. Une débauche de gestes protocolaires qui dépassent toutes les limites de la diplomatie ‘secrète’ qu’impose ce genre d’événement, lequel requiert une discrétion et une lucidité à toute épreuve pour ne pas avoir à griller ses cartes vis-à-vis des autres candidats”, souligne El-Watan dans un éditorial titré : “Tapis rouge”.

Et dans un discours, tenu lundi 13 février lors d’un meeting de campagne à l’hôtel Sofitel d’Alger, TSA relève : “L’ancien ministre de l’Économie a notamment abordé la question de la relation historique entre la France et l’Algérie, lâchant une phrase lourde de sens, potentiellement à double tranchant” :

La France a apporté la Déclaration des droits de l’homme en Algérie, mais elle a oublié de la lire.”

À noter qu’aucune rencontre avec le président Abdelaziz Bouteflika, à la tête du pays depuis 1999 et très affaibli à la suite de l’AVC dont il a été victime en avril 2013, ne figure pas au programme de cette visite.