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Syndicat CGT AUTO INERGY DIVISION Groupe Plastic Omnium

SALARIÉ INERGY LAVAL...GROUPE PLASTIC OMNIUM...
SALARIÉ INERGY LAVAL...GROUPE PLASTIC OMNIUM...

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Rencontre avec les syndicats espagnols

Convergences syndicales par delà les Pyrenées...

Rencontre avec les syndicats espagnols

Convergences syndicales par delà les Pyrenées

Alors que se prépare une grande Euromanifestation à Bruxelles le 4 avril à l’appel de la Confédération européenne des syndicats, le secrétaire général de la CGT a rencontré le 7 mars à Madrid ses homologues de l’UGT, Cándido Méndez Rodríguez et des commissions ouvrières (CC.OO.), Ignacio Fernandes Toxo. L’occasion pour les dirigeants syndicaux des deux pays de mesurer la convergence de vues sur la situation dégradée des travailleurs dans les deux pays, et les menaces qui pèsent sur les droits civiques, sur le système de négociation collective en Espagne ou encore sur les libertés syndicales.

L’augmentation du chômage, notamment de la jeunesse, menace l’avenir d’une grande partie de la population active en Espagne et préoccupe fortement les syndicats espagnols. La politique menée par le gouvernement Rajoy soulève des interrogations et réserves considérables chez les syndicats. Les trois dirigeants syndicaux partagent l’analyse que les politiques menées aussi bien par le gouvernement français que par le gouvernement espagnol se ressemblent beaucoup – à la différence près qu’en France la coalition s’affiche de centre-gauche, et en Espagne de la droite « décomplexée », ce qui lui permet, à ce titre, de s’attaquer à des droits civiques fondamentaux, comme le droit à l’avortement.

Le démantèlement du système de négociation collective en Espagne (qui comporte en particulier l’abandon de la hiérarchie des normes) jette les travailleurs de plus en plus dans une négociation individuelle face à leur employeur. 

Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, a souligné que ces coupes dans les droits des travailleurs concernent tous les européens. Les salariés en France en ressentent d’ailleurs déjà les conséquences, car les nouvelles réalités en Espagne servent de prétexte au chantage ici.

L’échange a ainsi porté sur les difficultés qu’affrontent les Espagnols. Celles-ci ne relèvent pas uniquement du domaine économique, mais concernent également les droits civiques et fondamentaux.

Les syndicalistes espagnols ont insisté sur le renforcement des lois répressives, prétendument dirigées contre le terrorisme, mais en réalité appliquées contre des syndicalistes. Il en est ainsi par exemple du procès pénal actuellement en cours contre huit syndicalistes d’Airbus Getafe dans la banlieue de Madrid. Procès dans lequel le procureur requiert plus de 8 ans de prison ferme en moyenne contre chacun d’entre eux pour une participation à la grève générale appelée par les deux centrales espagnoles. 

Des échauffourées avec les forces de l’ordre servent de prétexte pour criminaliser l’activité syndicale. Thierry Lepaon a transmis la solidarité de toute la CGT aux camarades espagnols de l’UGT et des Commissions ouvrières dans leurs efforts pour défendre le droit de grève en Espagne et aux huit accusés.

La suppression du droit de l’avortement projeté en Espagne est une autre préoccupation de la UGT et des CCOO et était le principal mot d’ordre pour la grande manifestation à Madrid du samedi 8 mars à l’occasion de la journée internationale des Femmes. 

En marge de cette rencontre, les dirigeants se sont accordés sur leur analyse convergente de la situation des confédérations européenne des syndicats (CES) et la CSI, en préparation des congrès qui auront lieu dans les prochains mois.

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Fin de la trêve hivernale des coupures

Un droit à l’énergie pour tous...

Fin de la trêve hivernale des coupures

Un droit à l’énergie pour tous

Nous sommes à J-5 de la fin de la trêve hivernale : Alors que près de 8 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique, à partir du 15 mars prochain, près de 600 000 foyers sont menacés par les coupures d’énergie. La CGT, sa fédération de Mines et de l’Énergie et Indecosa CGT* tenaient ce lundi 10 mars une conférence de presse pour alerter élus et gouvernement, pour appeler à la mobilisation contre les coupures et pour revenir au principe du droit à l’énergie pour tous.

La loi de 2012 « transition vers un système énergétique sobre », appelée aussi loi Brottes, interdit les coupures d’énergie et la résiliation des contrats à l’initiative des fournisseurs pour tous les consommateurs, du 1er novembre au 15 mars de chaque année. Donc, dès le 16 mars, des techniciens d’intervention devront se tenir prêts à couper le gaz et l’électricité à 600 000 familles en situation de précarité sociale.

Pour Virginie Gensel, secrétaire générale de la CGT Mines-Énergie, « l’énergie est un produit de première nécessité et personne ne devrait en être privé. » Or, rappelle-t-elle, « la libéralisation et la dérèglementation du secteur de l’électricité et du gaz, décidée par l’Union européenne, ont amplifié la précarité énergétique. Les lois du marché ont conduit à alourdir la facture énergétique fragilisant les foyers les plus modestes. »

3,5 millions de ménage cumulent des contraintes financières, un habitat mal isolé, sans pouvoir choisir ni leur source d’énergie ni leur source de chauffage. La précarité énergétique, qui est un marqueur de l’exclusion sociale, engendre des conséquences sur la santé physique et mentale, sur les conditions de logement, sur la vie quotidienne. Si elle n’est pas endiguée, rappelle Arnaud faucon, d’Indecosa-CGT, elle renforce « la grande débrouille » : des branchements sauvages qui peuvent engendrer des drames.

La CGT demande :

l’arrêt des coupures (gaz-électricité-eau) inappropriées ;des moyens pour la rénovation thermique des logements ;une fixation des tarifs nationaux élaborés de manière transparente par une commission regroupant élus, organisations syndicales et associations de consommateurs ;des mesures immédiates contre la précarité énergétique pour les habitations chauffées au bois, au fioul... ;la mise en place d’un pôle public de l’énergie pour lutter contre la déréglementation du secteur.

*Association pour l’information et la défense des consommateurs salariés CGT

Fin de la trêve hivernale des coupures

Un droit à l’énergie pour tous...

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Instaurer une culture d’égalité entre les femmes et les hommes....

 

Instaurer une culture d’égalité entre les femmes et les hommes.

La Journée internationale des femmes est, comme chaque année, l’occasion de faire le point sur la situation des femmes et l’évolution de leurs droits. Danièle Kergoat et Céline Verzeletti échangent sur ces questions.

Céline Verzeletti 

est animatrice de la commission femmes-mixité de la CGT et a été secrétaire générale de la CGT Pénitentiaire

 

 

 

Danièle Kergoat est sociologue, directrice 

de recherche honoraire au CNRS, responsable de la collection Le genre du monde à La Dispute

 

 

 

 

 

 

nvo : Comment vos itinéraires personnels ont-ils façonné vos engagements respectifs en faveur de l’égalité et des droits des femmes ?

Céline Verzeletti J’ai été secrétaire générale de la CGT Pénitentiaire jusqu’en 2012, puis j’ai exercé des responsabilités à l’UGFF (Union générale des fédérations de fonctionnaires), qui m’a présentée à la commission exécutive confédérale pour animer le collectif femmes-mixité. Celui-ci est devenu une commission à part entière, qui fonctionne désormais selon une feuille de route, son utilité ayant été réaffirmée car les questions d’égalité ne sont pas encore suffisamment portées. La mission de cette commission est essentiellement de sensibiliser, d’informer et de former.

J’ai effectué mon parcours professionnel dans le milieu très masculin de l’administration pénitentiaire. Certes, les femmes y sont un peu plus nombreuses ces dernières années depuis qu’elles peuvent travailler dans les prisons pour hommes, ce qui n’était pas le cas en 1995, lors de mon embauche. C’est un milieu particulièrement machiste et sexiste, aussi ai-je rencontré des difficultés relatives à ma place et mon rôle de femme dans cette profession.

Ce qui se passe au niveau professionnel se reflétant au niveau syndical, j’ai eu envie de me battre sur ces thématiques-là. Avant d’arriver dans l’administration pénitentiaire, j’ai gagné ma vie dans d’autres métiers, purement alimentaires, tels que le nettoyage ou l’hôtellerie. Ce sont des milieux beaucoup plus féminisés, mais le rôle des femmes y est sous-valorisé, tandis que le peu d’hommes employés, à peine 3 % de l’effectif, occupe les responsabilités hiérarchiques et évolue très rapidement après l’embauche.

Au-delà du contexte familial dans lequel j’ai grandi, avec une mère dépendante car sans emploi, mes expériences professionnelles ont construit mon engagement. Très tôt, j’ai été sensibilisée à la cause des femmes, confrontée aux difficultés que nous pouvions rencontrer.

En tant que secrétaire générale de la CGT Pénitentiaire, j’ai aujourd’hui conscience d’avoir très peu œuvré pour les femmes et l’égalité. J’aurais dû le faire, mais je ne l’ai pas fait, ayant d’autres priorités. Certes, je suis intervenue pour mettre un terme aux propos sexistes dans le syndicat, car il y avait des choses que je ne pouvais pas laisser passer, en tant que femme, mais j’aurais dû travailler beaucoup plus les questions d’égalité. Il s’agit là d’une prise de conscience tardive, ma perception a évolué, s’est affinée, et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’affirme que la formation est primordiale.

On apprend à déceler des choses qui ne sont pas des évidences et que moi-même j’ai participé à banaliser.

Danièle Kergoat : Pour ma part, je suis sociologue du travail et des mouvements sociaux avec une insistance sur le genre et les rapports de pouvoir hommes-femmes. La question qui me taraude, depuis que je suis petite fille, c’est de comprendre où et comment les gens trouvent le courage et l’énergie de se battre compte tenu de la violence des dominations pesant sur leur corps et leur tête. Car toujours ils résistent, transgressent, se battent… C’était là ma question de départ.

Je suis née en 1942. Jusqu’à mes trente ans, j’ai donc traversé la fin de la guerre d’Algérie, Mai 68, j’ai connu un mouvement ouvrier puissant, ainsi que le mouvement de libération des femmes et la fantastique explosion de grèves et de luttes des années 1970 à 1975. Tout cela m’a profondément marquée.

Je viens d’un milieu modeste, j’ai beaucoup milité d’abord dans les mouvements antifascistes et anti-impérialistes, puis syndicalement, d’abord au SGEN-CFDT, puis à la CGT. Mon itinéraire est donc en partie lié au mouvement ouvrier et au mouvement des femmes. Par ailleurs, tout ce que j’ai théorisé, la définition du travail ou la division sexuelle du travail, s’est toujours fait collectivement et il est important de le préciser.

C’est dans ce cadre que j’ai créé un laboratoire au CNRS. Actuellement, je travaille sur le sujet politique, sur l’émancipation, sur la puissance d’agir. Je dirige la collection Le genre du monde aux éditions La Dispute et je fais partie du collectif CGT de syndicalistes et chercheurs, « Transformation du travail et émancipation ».

Compte tenu de tout ce que je viens d’évoquer, il n’est pas étonnant que j’aie commencé à travailler sur la classe ouvrière. J’ai vite réalisé que le caractère homogène qu’on lui attribuait alors était un mythe. Au contraire, son hétéro­généité était grande et à mon sens, source de force et non de dissension. Quant aux femmes ouvrières, le sentiment dominant des patrons et des syndicats était l’incompréhension devant leur comportement. Elles constituaient pour eux une sorte d’archéo-prolétariat. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à travailler.

 

Quelle est, selon vous, la place des femmes aujourd’hui dans notre société ? A-t-elle évolué ? Comment ?

Céline Verzeletti : Je n’ai pas beaucoup de recul, mais je constate que depuis à peu près quarante ans, les femmes sont plus diplômées que les hommes, qu’elles représentent aujour­d’hui la moitié du salariat et assument 80 % – trois heures par jour – des charges domestiques (repas, ménage, enfants). C’est considérable, même si les hommes y participent de plus en plus. En somme, les femmes sont des super-héros, mais restent moins bien payées, ont des déroulés de carrière moins intéressants, sont moins reconnues, moins représentées dans la sphère professionnelle, politique, syndicale… Tout cela en dépit des avancées que constituent les lois.

L’écart de salaire entre femmes et hommes pour un travail de valeur égale est proprement scandaleux, de l’ordre de 20 %. Il faudrait qu’on soit tous les jours dans la rue pour dénoncer une telle discrimination liée au seul genre. Il n’empêche qu’on rame pour porter cette question, même à l’intérieur du syndicat. Or, en tant que syndicalistes, on a des responsabilités qui, à mon avis aujourd’hui, ne sont pas remplies et assumées comme elles le devraient pour être suffisamment efficaces.

Il faut vraiment que collectivement, on se prenne en main pour remédier à cela, car c’est particulièrement injuste. Ainsi, selon moi, la place de la femme n’a pas suffisamment évolué, d’autant que je redoute que les effets de la crise et des politiques d’austérité menées n’aggravent leur situation dans les années à venir.

Danièle Kergoat : Je ne suis pas syndicaliste, mais moi aussi je commencerai par la question du travail. Il y a eu des acquis indéniables (la contraception, l’avortement…), des avancées sociales et politiques. Mais l’écart des salaires et des retraites perdure, ainsi que le temps partiel, le nombre de femmes battues… La domination se déplace : elle recule parce qu’il y a des luttes, puis l’écart se recrée ailleurs. Ceci veut dire qu’il faut se bagarrer tout le temps et on pourrait effectivement descendre tous les jours dans la rue.

La société a beaucoup bougé, le travail aussi, en un même mouvement. Pensez que, dans les années 1930 et 1940, il y avait un tiers des actifs dans l’agriculture, un tiers dans l’industrie, un tiers dans les services.

Aujourd’hui, les trois quarts des actifs travaillent dans les services, ce qui constitue un bouleversement considérable y compris pour les femmes. Elles ont toujours travaillé certes, mais c’est depuis les années 1960 qu’elles sont massivement salariées. Mais sur un fond d’inégalité. Je souhaite par exemple rappeler la persistance des bastions féminins et masculins : la moitié des femmes travaille sur 28 métiers, tandis que la moitié des hommes est répartie sur 75 métiers. À ce niveau-là, ça ne bouge pas beaucoup, il existe des tendances extrêmement lourdes : par exemple, la domesticité (82 % de femmes en 1901), qui a certes évolué en emplois de service ou d’aide à la personne, renvoie toujours à des emplois qui restent massivement féminins (86 % de femmes parmi les personnels de service aux particuliers). Les ghettos féminins et masculins perdurent.

Enfin, autre sujet catastrophique, les retraites. L’écart du niveau des pensions est lié en partie au temps partiel qui concerne 30 % des femmes. Selon l’Insee, en 2003, le montant moyen de la retraite globale est de 822 euros pour les femmes contre 1 455 euros pour les hommes. L’écart tend, semble-t-il, à diminuer au fil des années, mais de manière extrêmement lente.

Céline Verzeletti : Les carrières étant chaotiques, les pensions sont en conséquence. Les réformes passées et à venir aggravent encore les choses puisqu’on allonge la durée de cotisation, ce qui affecte principalement les femmes. Il y a là une contradiction du gouvernement, qui affiche un discours volontariste en faveur de l’égalité mais engage des réformes qui défavorisent les femmes, et pas sur le seul sujet des retraites.

Voilà qui brouille un peu les esprits jusque, parfois, dans nos organisations syndicales. Il ne faut pourtant pas se laisser abuser par les discours et bien pointer l’essentiel, ce qui est ardu, en attestent les difficultés rencontrées à créer les rapports de force nécessaires ces dernières années.

Danièle Kergoat : D’autant que si l’on regarde ce qui se passe en Espagne sur l’avortement, on réalise que les femmes de ma génération avaient vraiment raison : il faut que les jeunes continuent à se battre, à se mobiliser car tous les ­acquis sont réversibles.

Céline Verzeletti : Les droits ne sont jamais totalement acquis. Lors de la manifestation pour l’IVG à Paris, j’ai été agréablement surprise de constater que beaucoup de jeunes, filles et garçons, participaient. Peut-être qu’avec la montée des réactionnaires très virulents, finalement assez organisés et surtout très médiatisés, certains prennent conscience du fait que les choses ne sont pas forcément définitives, que ce qu’on a aujourd’hui est le fruit de luttes et qu’il va falloir se battre pour le préserver. Cela dit, nous sommes plutôt sur un mode défensif depuis un certain temps et on n’arrive pas à en sortir pour reprendre l’offensive.

 

Justement, comment appréhendez-vous les débats actuels sur la théorie du genre ou les manuels scolaires ?

Danièle Kergoat J’ai été atterrée par le fameux lundi où 10 % des parents n’ont pas mis leurs enfants à l’école. Lors d’une petite conférence que je donnais récemment à Ivry, les institutrices présentes évoquaient les problèmes qu’elles ont avec certains parents qui s’interrogent.

Cette histoire de théorie du genre a finalement réussi à déstabiliser, semer le doute parmi les parents qui font état de craintes par ailleurs infondées. Il suffit de regarder le fameux abécédaire dont on a tant parlé pour se rendre compte qu’il n’a rien de révolutionnaire. Or certains se sont jetés dans la brèche. Ce qui est affligeant, voire même inquiétant, c’est de constater le rapprochement de catholiques réactionnaires et de musulmans sur ces sujets-là.

Céline Verzeletti : J’ai également eu des échanges avec des enseignants sur ces sujets et certains, travaillant dans des quartiers populaires, ne pensaient pas être à ce point touchés. Il y a eu beaucoup de désinformation, les parents ont pris peur, mais après explication, tout est rentré dans l’ordre. Peut-être est-ce un défaut de confiance envers l’éducation nationale, c’est possible. Je pense qu’il faudrait aller beaucoup plus loin sur ces questions à l’école, cela me paraît indispensable.

La lutte contre les préjugés et les stéréotypes doit passer par l’école pour arriver ensuite à une société beaucoup plus juste. Les enseignants disent eux-mêmes que, sans le vouloir, ils véhiculent des stéréotypes, les manuels et les livres conseillés également, et sont demandeurs de formation sur ces questions. Il faut aller plus loin et aller jusqu’au bout, c’est le sens d’une adresse récente de la CGT au gouvernement.

L’exemple de la loi sur la famille est parlant, le gouvernement a reculé sous la pression de quelques groupes qui ne sont pas représentatifs de la société. Je ne nie pas l’existence de reculs dans les mentalités, de replis identitaires générés par la crise, et auxquels il faut faire attention. Justement, il ne faut surtout pas reculer face à cette frange qui veut imposer son choix de société inégalitaire, avec des dominations installées.

En aucun cas, la CGT ne peut admettre cela compte tenu de ses positions, de ses valeurs, et a toute sa place dans le débat et le combat. Les sujets sociétaux ne s’opposent pas aux sujets sociaux. Les débats actuels devraient encore plus interpeller et convaincre.

 

Comment travailler concrètement à instaurer une culture d’égalité ?

Céline Verzeletti Des lois existent, sur l’égalité au travail en tout cas, l’égalité salariale est acquise depuis les années 1970 et des accords ont été signés qui permettent, ou devraient permettre, des négociations dans les entreprises pour mettre un terme aux discriminations.

En tant que syndicalistes, on dispose donc d’outils qu’on n’utilise pas suffisamment. Le patronat ne va pas prendre les devants, il faut donc établir un rapport de force et l’amener à la table des négociations. Idem avec l’État. La fonction publique n’est pas exemplaire en termes d’égalité, et c’est à nous de rappeler qu’il y a des lois, qu’il faut les appliquer. On ne fait pas ce travail-là. Un exemple : il y a obligation légale de négocier sur l’égalité et sur les classifications. Or, sur 700 branches, seules 60 ont renégocié les classifications et une seule a négocié sur les écarts de salaire (l’industrie du pétrole).

Dans les entreprises, seuls 18 % des accords intègrent la question de l’égalité professionnelle. Donc, même si les choses évoluent, que les syndicats se saisissent davantage de ces outils, il nous reste un gros travail à faire. Les mentalités ont évolué, l’égalité de traitement fait consensus, mais pas dans les faits. Pour arriver à porter l’égalité, nos syndicats doivent être beaucoup plus mixtes, représentatifs du salariat constitué pour moitié de femmes.

 

Danièle Kergoat : En effet, il y a soi-disant consensus sur l’égalité. Comme d’ailleurs sur le travail domestique. Or la dernière enquête sur le sujet montre que les femmes mariées avec enfants en bas âge effectuent 4 heures 36 de travail domestique par jour, contre 2 heures 13 pour les hommes. C’est vrai que le discours dominant évolue, qu’il prône l’égalité et le partage des tâches, que le stéréotype est moins prégnant, mais toujours est-il que concrètement, pas grand-chose n’avance.

Comme vous le disiez, il faut agir et prendre les choses en tenaille. Lutter contre les stéréotypes dès l’école tout en agissant sur des choses concrètes, que ce soit sur les salaires ou les ghettos professionnels. C’est là que le syndicat est irremplaçable.

Par exemple, pour exiger des entrées ou des formations collectives pour des femmes qui seront ensuite appelées à tenir des postes dans des milieux hégémoniquement masculins, de façon à ce qu’elles puissent réagir collectivement au sexisme ambiant comme cela existe trop souvent. Là-dessus, il n’y a que le syndicat qui puisse agir. De même que sur la reconnaissance des qualifications des femmes, même s’il existe la VAE.

Quand les infirmières se sont bagarrées, en 1989-90, le slogan de la coordination, « ni nonnes, ni bonnes, ni connes », signifiait qu’elles ne voulaient plus, sous prétexte qu’elles sont des femmes avec une prétendue vocation, être corvéables à merci et toujours faire le sale boulot. La qualification ne passe pas forcément par des diplômes, elle peut être acquise par d’autres canaux. Les lois sont importantes, mais il faut s’en emparer et là, encore une fois, seul le syndicat peut agir.

Céline Verzeletti : Certains métiers sont considérés comme féminins (le social, l’éducation, le soin…), nécessitent diplômes et formations, mais ne sont pas autant reconnus que des métiers plus masculins nécessitant autant d’années d’études supérieures. Dans ces métiers, certaines compétences indispensables ne sont pas considérées comme des qualifications, comme si c’était normal et acquis, naturel, et du coup ne sont pas payées en tant que telles.

Syndicalement, il faut travailler à tout revoir, catégories, qualifications, salaires et à « mixifier » les filières et les professions dès l’orientation scolaire. Si on parvenait à tout cela, on réduirait considérablement les écarts.

 

Et au-delà du combat syndical ?

Danièle Kergoat : Certes, il n’existe pas actuellement de grands mouvements comme le mouvement de libération des femmes. Toutefois, des associations résistent. Par exemple, le CNDF (le Collectif national pour les droits des femmes, un comité mixte associant différentes organisations dont les syndicats et la CGT) fait un travail remarquable et se bagarre pied à pied contre la violence, pour l’avortement, mais aussi sur les salaires, les retraites…

Il ne faut pas sous-estimer les luttes de ces associations. L’histoire montre qu’il y aura forcément d’autres grands mouvements, espérons qu’ils seront progressistes et pas réactionnaires. Mais quand ? On n’en sait rien.

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LE RETOUR....

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Le 18,Mars 2014....

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Scénario Russe pour l'Ukraine....

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Négociation assurance chômage

Faire reculer le patronat pour assurer de nouveaux droits pour toutes et tous !

Négociation assurance chômage

Faire reculer le patronat pour assurer de nouveaux droits pour toutes et tous !

Le 13 mars doit se dérouler l’ultime séance de négociation au MEDEF de la future convention assurance chômage définissant les droits à indemnisation des privés d’emploi pour les deux prochaines années.

Le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) tente de faire passer une baisse des droits sans précédent : 

 modulation à la baisse du montant et de la durée des droits en cas de baisse du taux de chômage, de même qu’un passage du seuil d’ouverture de droits de 4 à 6 mois ; 

 relèvement de 50 à 55 ans du seuil permettant l’allongement des droits des seniors, particulièrement touchés par le chômage ; 

 suppression du régime spécifique des intérimaires, faisant baisser de 20% leur indemnisation ; 

 suppression de la carence de 75 jours appliquée en cas d’indemnité supra-légale ; 

 suppression du régime des intermittents du spectacle, malgré la grande précarité de leurs parcours professionnels.

Dans ce contexte, la CGT défend des propositions pour mieux indemniser, mieux former les demandeurs d’emploi et lutter contre la précarité, alors qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé :

 les primo-demandeurs d’emploi, indemnisés dès 2 mois de travail ; 

 de réels droits rechargeables, un jour travaillé générant un jour indemnisé ; et sans contrepartie comme l’indique le scandaleux ANI du 11 janvier 2013, 

 un droit à la formation qualifiante systématique ; 

 pas d’allocation inférieure à 80 % du SMIC ; 

 une surcotisation des employeurs abusant des contrats courts ; 

 une contribution des employeurs sur les ruptures conventionnelles ; 

 la pérennisation de toutes les annexes prenant en compte la discontinuité d’emploi, avec négociation sur la base de nos propositions.

Nos propositions sont une étape vers la construction d’une sécurité sociale professionnelle digne de ce nom pour lutter contre la perte des droits occasionnés par le chômage, alors que le MEDEF continue son œuvre de démantèlement de la protection sociale.

C’est pourquoi à travers toutes ses organisations, la CGT appelle à des rassemblements et manifestations dans toute la France, en interpellant les représentants patronaux le 13 mars et, notamment à Paris, au départ d’Odéon à 14h en direction du MEDEF.

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En salles et entretien. Braddock, dos au mur...

 

En salles et entretien. Braddock, dos au mur

Symbole de l’effondrement d’une industrie et de la faillite d’un système, Braddock (Pennsylvanie) est une cité dévastée après la fermeture de son énorme complexe sidérurgique. Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler y ont été à la rencontre des « survivants » pour « Braddock, America »un film dont les mots-clefs sont la mémoire et l’engagement.

Born in the USA

 

« Ils veulent nous reprendre les droits que nos pères ont obtenu pour nous en se battant ». Cette phrase, prononcée par l’un des habitants de Braddock (Pennsylvanie), ancienne cité sidérurgique du nord-est des Etats-Unis aurait pu sortir de la bouche d’un salarié d’Arcelor Mittal, de GoodYear, de Florange, de Métaleurop et elle est présente à l’esprit de nombre d’entre nous…

 

Braddock, l’un des berceaux de l’Amérique des pionniers, lieu même où combattit Georges Washington, alors jeune officier, connut une ascension fulgurante grâce à ses aciéries dont la première fut érigée par Andrew Carnégie en 1873.

 

Un siècle plus tard, la mondialisation fit rapidement décliner cette industrie et en 1988, Braddock fut déclarée "municipalité en détresse financière". La ville a perdu depuis 90 % de ses habitants et plus d’un tiers de ses résidents y vit au-dessous du seuil de pauvreté.

 

 

Tout ce qui faisait la prospérité de la ville, que des images d’archives nous remémore, a aujourd’hui disparu ou est laissé à l’abandon. Les commerces ont fermé, des dizaines de maisons partent en lambeaux, la municipalité n’ayant pas les moyens suffisants pour les démolir, et l’hôpital a été fermé.

 

Les habitants de Braddock qui restent doivent donc se prendre en mains avec les moyens du bord et, comme ils l’ont toujours fait, il luttent pied à pied pour garder la tête hors de l’eau.

 

Nettoyer les rues, tenter de faire revivre le stade, démolir quelques maisons, occuper les plus jeunes, veiller les uns sur les autres semblent déjà des défis énormes.

 

En choisissant de tourner aux Etats-Unis, les réalisateurs français Jean-Loïc Portron et franco-américaine Gabriella Kessler montrent la faillite d’un système en pleine décadence, qui après avoir atteint des sommets s’écroûle, sacrifié sur l’autel du profit. Ils nous montrent cette aspiration à la dignité, mais aussi cet immense chagrin, mélange de colère, de sentiment d’impuissance et de regrets qui marque profondément les habitants de Braddock.

En salles le 12 mars 2014.

 

 

Entretien avec ¨les réalisateurs, Gabriella Kessler et Jean-Loïc Portron

NVO- Comment un documentariste français confirmé et une jeune étudiante en cinéma franco-américaine en viennent-ils à tourner ensemble un film sur la résistance d’une communauté à Braddock, une ville désertée par 90 % de ses habitants ?

 

 

Gabriella Kessler – Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans sur le tournage d’un épisode de la série documentaire « Foyers de création » qui devait se tourner dans la maison du peintre Jackson Pollock…

 

Jean-Loïc Portron - …Mais nous n’avions pas les codes pour entrer dans les musées, approcher les œuvres et Gabriella nous a aidé, nous servant un peu de « fixeur », ce qui est beaucoup plus facile quand vous partagez la langue et la culture…

 

GK – C’était mon premier tournage et je lui ai demandé si c’était toujours aussi sympa ! Et puis nous partagions aussi des goûts musicaux, étant des grands amateurs du label Stax et du groupe Wilco. J’ai fait un master en documentaire à Londres et j’ai supplié Jean-Loïc de trouver un projet aux USA.

 

NVO – On parle souvent de Détroit, mais Braddock n’est pas une évidence pour un français ou une new-yorkaise…

 

JLP- Pourtant Braddock a fait New York. Les gratte-ciels n’existeraient pas sans son acier...Tout part de l’acier aux Etats-Unis : le chemin de fer, les voitures. Et Braddock est l’origine de l’empire industriel de Carnegie. Parler de Braddock, c’est parler de l’histoire ouvrière des USA.

GK- Plein de gens étaient venus à Braddock. Pour les étudiants c’est un lieu de tournage depuis que la iron belt (ceinture de fer) est devenue la rusty belt (ceinture de rouille).

 

Il n’y a plus que trois aciéries US Steel en activité, celle de Braddock est peut-être la plus grosse. Et on y produit les tuyaux pour la fracturation hydraulique (exploitation du gaz de schiste), ce qui a ramené cette aciérie au niveau de production de 1960 avec 900 sidérurgistes.

 

NVO –La ville a, depuis les années 1920, perdu 90 % de sa population avec quasiment tout son tissu industriel. Quelle ambiguité que l’aciérie continue à fonctionner pour produire du matériel qui constitue une fuite en avant consumériste et qui détruit l’environnement !

JLP – Tout le monde là-bas en est très conscient, n’oublions pas que les personnes que nous avons rencontrées sont pour la plupart des syndicalistes, leur engagement est très clair. On le voir aussi dans le film lorsqu’ils luttent contre la fermeture de l’hôpital. Il y a une vraie solidarité, devant l’adversité, on fait bloc. Qu’on soit blanc, noir, policier, syndicaliste, coiffeuse, chômeur ou retraité.

 

 

NVO- A-t-il été facile de se faire admettre par les habitants de Braddock ?

JLP – On a commencé par un groupe de syndicalistes et il s’est rapidement noué de vraies amitiés. Et puis notre duo avec Gabriella les a amusés et intrigués. Un homme et une femme, de deux générations différentes avec des physiques très opposés, on était un peu comme Laurel et Hardy…

 

GK – Pourtant tout le monde nous disait « Braddock c’est dangereux ». Mais au bout d’une semaine, on était déjà adoptés car on n’est pas venus et repartis.

 

On a pris le temps et le gens nous ont dit « Il est temps de faire ce film, après il sera trop tard ». Et je crois qu’ils ont envie de laisser une trace de leur combat.

 

JLP – ça démarre très vite, car les habitants ont vu qu’on comprenait ce qui a été perdu. Dès notre arrivée au commissariat, ça démarre. Dès que Dean, le chef de la police ouvre la bouche, ça n’est pas le discours habituel d’un stéréotype de sheriff : il nous parle de la lutte des classes ! Ici c’est une région traditionnellement à gauche, même le parti communiste y était bien implanté et la chasse aux sorcières y a été terrible. Nous parlions d’histoire ouvrière tout à l’heure et vous citiez Howard Zinn (*): la grève de Homestead qui a eu lieu près d’ici en 1892 a été aussi marquante que celle de Haymarket.

 

NVO- Vous semblerait-il possible de réaliser un sujet similaire en France où la désindustrialisation fait aussi des ravages ?

JLP – On a dit aux habitants de Braddock « ça va aussi parler de nous » et ils étaient au courant de la casse de la sidérurgie en Lorraine. D’ailleurs, la première ville où on montre le film, c’est Longwy. Je crois que pour raconter certaines histoires, parfois, il faut faire un pas de côté, quand c’est trop douloureux….

 

Propos recueillis par Dee Brooks.

 

(*) Historien auteur, entre autres de « Une histoire populaire des Etats-Unis ».

Les projections + débat en présence de Jean-Loïc Portron(sauf mention contraire)

 

Dans l’Est :

Jeudi 6 mars à 20h00 : Longwy / cinéma Utopolis

Vendredi 7 mars à 20h30 : Thionville / cinéma La Scala

Samedi 8 mars à 18h00 : Metz / cinéma Caméo

Dimanche 9 mars à 16h00 : Nancy / cinéma Caméo

Lundi 10 mars à 20h00 : Strasbourg / cinéma Le

Mardi 11 mars à 20h00 : Mulhouse / cinéma Studio Bel Air

Dans l’Ouest :

Vendredi 14 mars à 20h00 : Brest / Cinéma Les Studios

Samedi 15 mars à 20h30 : Montauban de Bretagne/Cinéma Montal                                

Dimanche 16 mars à 20h30 : Cancale/Cinéma Duguesclin                                              

Lundi 17 mars à 20h30 : Fougères/Cinéma Le Club

Dans le Sud-Ouest :

Mardi 18 mars à 20H00 : Chateaugiron / Cinéma Paradiso

Mardi 18 mars à 20H30 : Toulouse / Cinéma ABC / + débat en présence de Gabriella Kessler.

Mercredi 19 mars à 20h30 : Cesson-Sévigné / Cinéma Sévigné

Jeudi 20 mars à 20h30 : Châtillon en Vendelais / Cinéma Le Vendelais

Dans le Sud-Est :

Samedi 22 mars à 18h15 : Cran-Gevrier / Cinéma La Turbine / + débat en présence de Jean-Loïc Portron et de Gilles Perret

Dimanche 23 mars à 17h30 : Villeneuve d'Ascq / Cinéma Le Méliès / + débat en présence de Gabriella Kessler

Mardi 25 mars à 20h30 : Saint-Etienne / Cinéma Le France

Mercredi 26 mars à 20h00 : Villefranche-sur-Saône

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A SON INSU.....
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