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Syndicat CGT AUTO INERGY DIVISION Groupe Plastic Omnium

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Le tout-sécuritaire...

Le tout-sécuritaire

Fichiers de police erronés, multiplication des caméras de surveillance, abus de l’usage du Flash-Ball et du Taser, pistages incessants : nous voilà cernés. Au-delà d’une insidieuse restriction croissante des libertés, ces nouveaux modes de contrôles sont des marchés très lucratifs.

«Pour votre tranquillité, cet espace est équipé d’une vidéo de téléprotection » : le message qui se déploie à l’envi dans les gares ou les espaces publics en dit long sur un tout-sécuritaire qui ne dit pas son nom. On n’évoque plus la sécurité mais la tranquillité et la surveillance se voile derrière la protection. Un glissement sémantique qui n’a rien d’anodin, comme le rappelle le journaliste Jérôme Thorel dans Attentifs ensemble. L’amendement CL 158, présenté par le gouvernement Fillon, en février 2010, prévoit ainsi que l’on remplace le terme de « vidéosurveillance » par celui de « vidéoprotection » dans l’ensemble des textes législatifs.

Pistage tous azimuts

En attendant, nous sommes pistés de près. Outre les caméras qui se déploient dans l’espace public – la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en recensait sur tout le territoire quelque 935 000 en 2012 ! – nos téléphones portables sont des mouchards en puissance via des logiciels de localisation, quand les Pass Navigo sont équipés de puces d’identification à radiofréquences (RFID).

Comme si cela ne suffisait pas, la RATP envisageait même de mettre en place un système de péage à reconnaissance faciale, sous prétexte de fluidifier le trafic ! Face à la fronde de certains internautes sur les réseaux sociaux, le projet a tout de même été abandonné fin mai (1). En attendant, le message de vigilance, mis en place en 2005, passe en boucle : « Attentifs ensemble. Pour la sécurité de tous, nous vous invitons à surveiller vos bagages […]. Pour ne pas tenter les pickpockets, fermez bien votre sac… » Entre le message au haut-parleur, les contrôleurs planqués au détour d’un couloir et les agents de sécurité, la matraque sur la hanche voire quelques militaires du plan Vigipirate, le voyage dans le métropolitain est devenu un brin ­anxiogène.

Au nom de la citoyenneté

Comme « la sécurité est affaire de tous », nous voilà sommés de collaborer. Jérôme Thorel rappelle les tentatives pour impliquer les populations dans la gestion de leur sécurité. Et de citer la campagne de Christian Estrosi pour la mairie de Nice en 2008, qui entendait créer des « comités de voisins ­vigilants » et une « réserve civile et ­citoyenne », composée de retraités de la police ou de la gendarmerie. La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) de mars 2011 a créé le « statut juridique de collaborateur occasionnel du service public ». Dans une circulaire datée du 22 juin 2011, Claude Guéant demandait aux préfets et aux directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie de lui « faire parvenir l’état d’avancement des initiatives et des mesures » prises pour développer les réseaux de « voisins vigilants » qu’il qualifie de « participation citoyenne » à la lutte contre la délinquance.

L’arsenal sécuritaire

Depuis les attentats du 11 Septembre, le renforcement des dispositifs sécuritaires est indéniable tout comme l’extension de l’état d’exception juridique. Le sociologue Mathieu Rigouste en retrace les grandes lignes dans La domination policière : « Entre 2001 et 2009, 17 lois portant sur la “lutte contre l’insécurité” sont votées les unes après les autres, au nom de la “lutte contre le terrorisme”, la “délinquance des mineurs”, “la criminalité” ou “l’immigration clandestine”. »

À gauche comme à droite, l’arsenal s’est renforcé : interdiction d’occuper les halls d’immeuble, prolongation des gardes à vue, extension des fouilles, intensification des contrôles d’identité… Obligation aussi de livrer son ADN : les cinq syndicalistes de Roanne ayant peint des slogans, lors du mouvement des retraites de 2010, sont toujours poursuivis parce qu’ils refusent de se soumettre au test. Encore un exemple d’un fichage devenu massif sous prétexte, à l’origine, de combattre les crimes sexuels. Le refus de prélèvement ADN est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

Créé en 1998, après l’affaire Guy Georges, le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) regroupe aujourd’hui plus de 1,6 million de personnes et couvre 137 délits, des actes terroristes au tag. Comme le dénonçait Matthieu Bonduelle, du Syndicat de la magistrature, dans l’Humanité du 25 juin 2013, « ce fichier a été largement dévoyé. Un débat démocratique doit avoir lieu sur le sujet pour remettre à plat le fichage et son contrôle ». En 2012, si 80 % des personnes fichées sont présumées innocentes, leur empreinte sera tout de même conservée pendant vingt-cinq ans ! Au-delà du FNAEG, les fichiers de police et de gendarmerie qui regroupent quelque 9 millions de fiches recèlent des données inexactes, comme le révélait la CNIL en juin dernier.

De puissants lobbies

Fichés, contrôlés, filmés, le marché mondial de la sécurité pèse 106 milliards d’euros. Une manne qui n’est pas prête de se tarir, d’autant que de puissants lobbies veillent au grain. Comme le souligne Mathieu Rigouste, « la transformation de la violence policière est liée au développement d’un marché mondial de la coercition. Ce phénomène est porté par de puissants complexes industriels, médiatiques et politico-financiers qui tirent profit de la prolifération des guerres policières, en vendant des doctrines, des techniques, des équipements et des armes ».

Ainsi en France, derrière la prolifération des caméras, se cachent un marché juteux et un important lobby : l’AN2V. L’Association des villes vidé­osurveillées, créée en 2004 et rebaptisée Association des villes vidéoprotégées en 2011, n’est pas animée et financée par des élus locaux mais par des fabricants et installateurs de caméras. Et de retrouver parmi les donateurs Schneider Electric, Thales, Siemens ou Bosch. En organisant des colloques plusieurs fois par an, l’association a œuvré pour que le marché se développe aux frais de l’État.

Comme le rapporte la journaliste Sabine Blanc, « en 2012, l’État soutient massivement le déploiement des systèmes de vidéosurveillance sur la voie publique. Comme en 2011, 60 % du Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance (FIPD), soit 30 millions d’euros, iront à la vidéosurveillance » (2).

La biométrie à la rescousse

Et la démarche est la même du côté des marchands de contrôle biométrique. Carte Vitale, passeport, carte d’identité, là encore, les lobbies bataillent. Jérôme Thorel décortique les stratégies des fabricants pour faire accepter dès le plus jeune âge ces nouvelles technologies de surveillance, en citant le cas de la crèche Abbé-Pierre de Neuilly-Plaisance, première équipée d’un contrôle d’accès biométrique. Une volonté clairement annoncée dans le « Livre bleu » des industriels de l’électronique, sorti en 2004 (voir encadré). Le Groupement des industries aéronautiques, spatiales et militaires (Gifas) qui rassemble PME et grands groupes comme EADS, Dassault, Safran ou Areva ou la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) ont tenté d’imposer une carte INES (identité nationale électronique sécurisée) afin d’alimenter un fichier biométrique de la population. La loi adoptée le 12 mars 2012 s’est fait censurer par le Conseil constitutionnel sur ce point, mais le principe de la carte demeure, d’autant que de nouveaux arguments sont avancés.

Comme le note le journaliste, pour justifier l’usage de la carte biométrique, ses promoteurs « ont manipulé avec dextérité la “nouvelle menace” d’un prétendu fléau : la fraude documentaire et l’usurpation d’identité ». Et le chiffre de 210 000 cas d’usurpation d’identité par an de circuler, alors que, comme le montre Jérôme Thorel, aucune donnée en la matière n’est disponible. Au pire, on comptait, en 2010, 6 342 « faux documents d’identité », un chiffre en baisse de 24 % depuis 2005…

De nouvelles armes

Outre l’invention d’une criminalité potentielle, de nouvelles armes de neutralisation comme le Flash-Ball ou le Taser sont aussi promues. Expéri­mentées dans un premier temps par des unités d’élite telles le GIGN, le RAID ou les brigades anticriminalité, elles équipent depuis une dizaine d’années les services de police et de gendarmerie mais aussi les polices municipales et les CRS. Selon Mathieu Rigouste, entre 2002 et 2005, 1 270 unités de Flash-Ball Super Pro ont été délivrées à la police nationale pour un coût de 1,18 million d’euros. Côté Taser, en 2006, la société SMP Technologies (Taser France) remporte un marché de 7,5 millions d’euros. Et le sociologue d’énumérer la longue liste des victimes de ces nouvelles armes, dont beaucoup ont perdu un œil : Sekou, 14 ans, Jiade, 16 ans, Pierre, 17 ans… Mamadou Marega, qui meurt le 30 novembre 2010, après plusieurs décharges de Taser. Le tir tendu au visage, théoriquement proscrit, est en fait banalisé et fait des ravages.

Une situation alarmante au point qu’un rapport du Défenseur des droits, rendu public fin mai, préconise d’en limiter l’usage. Dans l’introduction, il est ainsi rappelé que « l’usage de ces armes doit être strictement encadré et contrôlé, afin qu’elles ne soient pas utilisées indûment, en raison du risque de blessures ou d’infirmité permanente qu’elles peuvent occasionner » (3).

Il est plus que temps de dénoncer l’utilisation de ces armes qui continuent à faire des victimes. Le 25 juin dernier, à Bondy (93), une habitante a été gravement blessée à l’œil par un tir de Flash-Ball, après qu’un contrôle de police a mal tourné. Fin juillet, un môme a perdu un œil, au cours des nuits de violences à Trappes (78). Là encore, un contrôle de police a dérapé, cette fois sur une femme voilée, en plein ramadan.

Éric Ciotti croyait bon de déclarer au Parisien, le 22 juillet, à propos de la loi interdisant le voile intégral : « Cette loi reste indispensable, son utilité est avérée. Certes, les contrôles peuvent présenter des difficultés, mais il faut rester déterminé. » Quoi qu’il en coûte ?

(1) Voir « La RATP abandonne définitivement la reconnaissance faciale ».

(2) Sabine Blanc, « Le lobby caché des caméras », 9 février 2012, consultable sur : owni.fr.

(3) Consulter le site Le defenseur des droits.

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La semaine de l'automobile du 28 août au 3 septembre...

La semaine de l'automobile du 28 août au 3 septembre

Carlos Tavares, bras droit de Carlos Ghosn, quitte Renault
Le constructeur automobile français a annoncé ce jeudi 29 août que Carlos Tavares quittait ses fonctions de directeur général délégué aux opérations "afin de poursuivre des projets personnels".

Renault résiste mieux que PSA à la rechute du marché automobile français
Après une légère reprise du marché automobile français en juillet, les immatriculations de voitures neuves ont plongé de 10,9% au mois d'août, selon les derniers chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). PSA Peugeot Citroën voit ses ventes reculer de 17,3%, Renault résiste mieux avec une progression de 1,7%. Avec une baisse cumulée de 8,7% sur les huit premiers mois de l'année, le CCFA prévoit désormais un recul de 8% sur l'ensemble de l'année, après -14% en 2012.

Les ex-Conti devront être indemnisés par le groupe Continental
Le conseil de Prud’hommes de Compiègne (Oise) a répondu favorablement à la demande indemnitaire des 680 ex-salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) qui contestaient notamment le motif économique de leur licenciement. Les avocats de Continental recommandent à l’industriel de faire appel. Ils considèrent que les décisions reviennent à "nier la possibilité en France pour une entreprise d’anticiper des difficultés économiques à venir".

Nouvelle Peugeot 308, une stratégie de conquête lancée depuis Sochaux
Peugeot a pris pour base son usine-mère pour remporter la bataille acharnée que se livrent les constructeurs sur le segment des berlines compactes.

Le gaz réfrigérant qui enflamme le secteur automobile
L’application de la norme environnementale européenne sur les gaz réfrigérants des voitures a tourné au bras de fer entre le constructeur Mercedes et le gouvernement français. Derrière l’affrontement : un imbroglio politico-économique.

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Les Blogs CGT INERGY Automotive Systems...

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Blog SYNDICAT CGT INERGY GROUPE PLASTIC OMNIUM

http://cgtinergygroupeplasticomnium.over-blog.com/

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Dessin...du jour...

Dessin...du jour...

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EN EUROPE, UN DUMPING SOCIAL INJUSTE  Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT...

EN EUROPE, UN DUMPING SOCIAL INJUSTE

Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT


Voilà déjà deux bonnes nouvelles ! La première, c'est que j'entends qu'il est possible de travailler sur l'efficacité des aides publiques. La CGT ne sera donc plus la seule organisation à réclamer cette remise à plat, et je pense que si le patronat et les syndicats de salariés revendiquent auprès de François Hollande le droit de travailler ce sujet, ils peuvent être entendus. L'autre bonne nouvelle, c'est que Pierre Gattaz nous dit que l'efcacité de 50 % des aides aux entreprises peut être évaluée. Cent milliards d'euros, cela nous donne une marge de manoeuvre.

J'estime aussi que le dumping social en Europe est parfaitement injuste. C'est d'autant plus insupportable que 80 % des biens consommés chez nous sont aussi produits sur notre continent. La CGT vient de signer, à l'unanimité avec les 85 syndicats de la CES, la Conférence européenne des syndicats, une résolution exigeant l'harmonisation des bas salaires en Europe et un changement de cap économique. C'est un signe fort au sein du monde du travail. Car même les syndicalistes des pays du Nord, qui portaient jusqu'ici un regard lointain sur les pays latins, ont réalisé qu'ils ne s'en sortiront pas sans création de richesses dans le Sud. Que l'avenir n'est pas dans l'opposition des salariés entre les diférents pays. Toutefois, j'attire l'attention de Pierre Gattaz sur le fait que, lorsque des salariés travaillent au rabais sur nos marchés nationaux, c'est parce que des employeurs français le tolèrent. Sur le chantier de l'EPR, à Flamanville, supervisé par Bouygues, le patron était à Chypre, le cabinet qui assurait la paye en Grande-Bretagne, le droit social suivi par un Italien. Même la CGT n'arrivait pas à lire les bulletins de salaire des ouvriers ! Comme leur protection sociale n'était pas payée, ils étaient renvoyés chez eux, par avion, dès que leur santé chancelait. Les donneurs d'ordre doivent être responsables de l'exécution de leurs marchés. Quand il y a huit sociétés en cascade, il y en a cinq de trop. Non seulement ces dérives laminent les marges des entreprises, mais elles découragent aussi les jeunes de s'investir dans ces métiers nobles et d'avenir.

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À Laval, le premier bateau-lavoir restauré sera mis à l’eau dans deux mois

La restauration du Saint-Julien entre dans la dernière ligne droite. Il sera mis à l’eau en octobre. Lundi, le chantier a été expliqué à une quarantaine de visiteurs captivés…

Preuve que la restauration des deux bateaux-lavoirs lavallois (rappelons que ce sont les seuls rescapés de France) intéresse : ils étaient une petite quarantaine de personnes, hier soir, à suivre la dernière visite-conférence du service patrimoine sur ce thème. L’intérêt est d’autant plus vif que l’échéance de la mise à l’eau du premier, le Saint-Julien, arrive à grands pas. « Normalement, si tout va bien, en octobre avance prudemment le responsable du service patrimoine Xavier Villebrun. D’ici là il reste à peindre la structure déjà bien restaurée. Il faudra aussi poser la grille-receptacle sur lequel reposera le Saint-Julien quand l’eau baissera. « Cela se fera en septembre, lors d’écourues disons anticipées ». Il reste enfin, et ce n’est pas le moindre, à faire venir la coque des chantiers navals de Brest où elle est fabriquée.

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L'Info...c'est CGT...Agir Aussi... http://cgtinergygroupeplasticomnium.over-blog.com/

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Les fonctionnaires 
payent le prix fort...

Les fonctionnaires payent le prix fort

Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, a présenté le 17 juillet un projet de réforme du statut de la fonction publique, avant d’annoncer le lendemain la poursuite du gel du point d’indice jusqu’à fin 2014.

Le gouvernement entend réaffirmer avec ce projet son attachement à un service public de qualité, mais la poursuite des politiques d’austérité dont les fonctionnaires payent le prix fort contredit dans les faits cette volonté.

La CGT, avec d’autres organisations syndicales, exige de rompre avec le gel du point d’indice, refuse toute baisse supplémentaire du montant des pensions et exige la fin des suppressions d’emploi dans la fonction publique.

L'enjeu : l'avenir du service public

Trente ans après les « lois Le Pors » – du nom du ministre communiste qui a redéfini à partir de 1983 le statut de la fonction publique créé en 1946 et étendu aux collectivités territoriales et aux hôpitaux –, la ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu a présenté le 17 juillet un projet de réforme du statut de la fonction publique. Le gouvernement, dit-elle, « veut réaffirmer la vitalité et l’unité de ce statut en l‘actualisant pour l’adapter aux évolutions de la sphère publique ».

Après l’annonce par la ministre que le point d’indice, gelé depuis 2010, devrait rester inchangé en 2014, ce projet de loi renforce certains droits des fonctionnaires, fait l’impasse sur leurs revendications. L’objectif du gouvernement est de démontrer son attachement au maintien d’un service public fort autour d’agents dont l’indépendance doit garantir en principe la continuité républicaine. Les personnels de la fonction publique quant à eux s’apprêtent à répondre, sur le terrain, pour défendre leurs conditions de travail, leurs salaires et leurs retraites, sans lesquels l’avenir d’un service public de qualité ne peut être qu’un vœu pieux.

1. Déontologie, droits et devoirs des fonctionnaires

Le projet de loi « relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires » veut inscrire de nouvelles valeurs communes comme l’impartialité, la probité ou le respect du principe de laïcité.

Il crée l’obligation de prévenir et de faire cesser toute situation de conflits d’intérêts. L’agent « lanceur d’alerte » est alors protégé. Il instaure une obligation de remplir une déclaration d’intérêts ou de patrimoine pour les « responsables administratifs les plus exposés » à des risques de conflits d’intérêts. Dans certains cas, lorsque la mission peut avoir une incidence en matière économique, le patrimoine de l’agent devra être temporairement géré par un tiers, précise le texte.

Le projet de loi évoque également le cumul d’activités, interdisant notamment aux agents à temps complet d’occuper un autre emploi permanent. La commission de déontologie de la fonction publique voit par ailleurs ses compétences élargies et est obligatoirement saisie pour apprécier la compatibilité des activités d’un agent quittant la fonction publique avec ses activités passées.

Le texte prévoit un renforcement des dispositifs visant à protéger les agents : prévention, aide juridique ou réparation des préjudices, notamment en cas de harcèlement sexuel ou moral. Il étend cette protection aux proches (conjoint, concubin, partenaire de Pacs, enfants ou ascendants directs) lorsqu’ils sont « victimes d’atteinte volontaire à leur intégrité du fait des fonctions exercées par le fonctionnaire ».

Il avance également d’un an l’échéance imposant des quotas de femmes hauts fonctionnaires, sous peine de pénalités financières.

2. Entre le discours et les faits

Le 27 juin, lors de la réunion du Conseil commun de la fonction publique (CCFP) – instance consultative de concertation entre les représentants des fonctionnaires et agents publics non titulaires et les employeurs publics –, Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF-CGT) avait souligné que si le texte du Statut général n’avait pas été modifié globalement jusqu’ici, il avait tout de même subi quelque 300 modifications par décret et 200 par voie législative depuis 1983, en grande partie pour s’adapter aux politiques libérales, dont les effets ont été dévastateurs, notamment ces dix dernières années.

Des avancées trop timides

La CGT s’est abstenue de voter ce texte à l’issue de la réunion du CCFP parce qu’en dépit d’avancées positives (notamment au travers des amendements adoptés en cours de séance), elle l’estime trop timide. Elle regrette que la ministre ne soit pas allée plus loin sur des sujets aussi importants et concrets que la suppression du recours à l’intérim, l’abrogation du trentième indivisible de retenue sur les salaires en cas de grève, l’indépendance des fonctionnaires par rapport aux ordres professionnels, la sécurisation de la participation des employeurs au financement de l’action sociale, la référence à la dignité des fonctionnaires et la suppression de la prime de fonction et de résultats (PFR) dans la loi de 2010.

Car les faits sont têtus : ainsi, la « stabilisation de l’emploi » dans la fonction publique consacre les suppressions massives opérées sous le gouvernement Sarkozy (150 000 suppressions de postes entre 2008 et 2012) ; il y a entre 800 000 et 1 million d’agents non titulaires sur les « trois versants » (fonction publique d’État, fonction publique territoriale et fonction hospitalière) ; la politique des salaires fait qu’un agent de catégorie C recruté au Smic voit actuellement son salaire augmenté de moins de 29 euros par mois au bout de dix-sept ans.

Coupes sombres dans les budgets

Il est prévu de réduire les dépenses de 1,5 milliard l’an prochain. La baisse se répartira entre une réduction de 750 millions des dotations de l’État aux collectivités territoriales et une diminution de 750 millions des dépenses pour les ministères et les opérateurs de l’État. Pour une économie de 100 millions par rapport au budget 2013.

« Il est impossible de penser la fonction publique dans un cadre de politique d’austérité qui fait de la compression des dépenses utiles l’unique moyen qu’on aurait de résoudre la dette et les déficits publics », dit Jean-Marc Canon (2).

3. Salaires et pouvoir d’achat toujours en baisse

Gel du point d’indice

À la veille de l’ouverture de la conférence sociale, Marylise Lebranchu annonçait que le point d’indice des fonctionnaires resterait gelé jusqu’à la fin 2014, enterrant de fait la perspective ouverte par le gouvernement lui-même d’une négociation à la mi-2014, en cas de reprise de la croissance.

Le point d’indice de la fonction publique, mode de calcul des salaires, a déjà perdu 13,8 % par rapport à l’inflation depuis le 1er janvier 2000. Depuis le 1er juillet 2010, où a été gelé le point après une revalorisation de 0,5 %, il a perdu 5,5 %. Un gel du point d’indice jusqu’en fin 2014 représente 120 à 150 euros de perte pour un agent de catégorie C (employé et ouvrier).

Salaires en baisse

Une étude de l’Insee, publiée le 8 août et portant sur l’année 2011, conclut sur une baisse globale des rémunérations des agents de la fonction publique, compte tenu de l’inflation.

Les agents de la fonction publique d’État (FPE), dont près de la moitié relève de l’Éducation nationale, ont perçu en moyenne 0,1 % de moins qu’en 2010. Pour les agents de la fonction publique territoriale (FPT), le salaire net moyen a baissé de 0,8 % et dans le secteur hospitalier public (SHP), les agents ont subi une diminution de leur salaire de 0,6 %.

Cette étude confirme la justesse de la bataille fondamentale pour l’augmentation de la valeur du point, seul moyen de garantir le pouvoir d’achat des agents.

Coup de pouce sur les bas salaires ?

Plus d’un million de fonctionnaires de catégorie (la moitié des agents de la FP) ont aujourd’hui un traitement proche du salaire minimum. Ils représentent 75,9 % des agents de la fonction publique territoriale, 49,5 % dans la fonction publique hospitalière et 22,9 % de la fonction publique d’État.

La ministre avait justifié dès février son refus d’une augmentation du point d’indice par le choix de concentrer ses maigres marges de manœuvre sur la catégorie C et les agents les moins rémunérés. L’ampleur et les modalités du coup de pouce, applicable au 1er janvier 2014, devraient être déterminées en septembre. Les agents pourraient ainsi se voir allouer de 4 à 6 points d’indice supplémentaires, soit environ 200 à 300 euros par an.

Pour la CGT, une démarche isolant une catégorie par rapport à une autre est une impasse. Elle exige une négociation sur l’ensemble de la grille, toutes catégories confondues, dès cet automne.

Les pensions de retraite dans la ligne de mire

François Hollande l’a affirmé le 16 juin dans l’émission Capital sur M6, « tout le monde fera des efforts ». Y compris les fonctionnaires, dont le régime a été modifié par les réformes de 2003 et 2010. Le rapport Moreau, qui envisage divers types de mesure pour « assurer l’avenir des retraites », a proposé que les retraites des agents de la fonction publique, qui sont aujourd’hui calculées sur le salaire de référence des six derniers mois de leur carrière (hors primes), le soient désormais sur une durée allant de trois à dix ans. Ce qui aboutirait à une baisse du montant de leurs pensions. En effet, pour un calcul sur l’indice moyen des dix dernières années, la perte de pension est d’environ 10 % pour la catégorie A, d’environ 8 % pour la catégorie B, d’environ 6 % pour la catégorie C. Cette perte moyenne s’accroîtrait encore pour les agents bénéficiant de promotions de grade les dix dernières années de leur carrière, et encore plus s’ils changent de catégorie.

La CGT, FO, la FSU, Solidaires, la CFTC et la CFE-CGC de la Fonction publique considèrent dans un communiqué commun en date du 7 juin qu’elles n’ont pas été entendues sur les revendications liées aux rémunérations des agents de la fonction publique. Elles sont en complet désaccord avec la volonté gouvernementale de ne pas aborder la question de la valeur du point d’indice avant 2014, consacrant ainsi un gel inacceptable de quatre années des salaires. Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics, résume la position unitaire : « même si nous n’allons pas cracher sur une revalorisation partielle du point d’indice pour les personnels de catégorie C, notre bataille la plus urgente concerne la revalorisation pour tous. Il faut revoir la grille indicielle dans son ensemble. Et pour cela, exiger d’abord de rompre avec quatre années de gel du point d’indice. Ensuite, on négociera sur la manière de rattraper les pertes accumulées. »

En s’inscrivant dans les politiques d’austérité qui visent à réduire toujours plus la dépense publique, la politique gouvernementale hypothèque toute amélioration du fonctionnement de la fonction publique, mais aussi celles des rémunérations, pourtant indispensables à la relance de l’économie et de l’emploi.

La CGT et les autres organisations syndicales signataires du communiqué du 7 juin déclarent qu’elles n’accepteront pas non plus une nouvelle baisse des pensions, soulignent une fois de plus la nécessité d’en finir avec les suppressions d’emplois dans de nombreux secteurs de la fonction publique. Et décident de se revoir afin de décider des modalités de mobilisation et d’action communes dès le mois prochain.

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